La Côte d’Ivoire veut porter à 75 % la couverture nationale de ses besoins en protéines animales et halieutiques d’ici 2030.
Économie bleue : la Côte d’Ivoire veut couvrir 75 % de ses besoins en protéines animales et halieutiques grâce à sa production nationale d’ici 2030. L’objectif a été présenté lundi 26 octobre 2026 par le ministre Sidi Tiémoko Touré.
Économie bleue : un objectif national fixé à 75 %
La Côte d’Ivoire veut réduire fortement sa dépendance envers les importations de produits animaux et halieutiques.
Le gouvernement ambitionne ainsi de porter de 36 % à 75 % la couverture des besoins nationaux par la production locale. Cette progression est attendue à l’horizon 2030.
Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a présenté cet objectif le lundi 26 octobre 2026 à Abidjan-Plateau.
Selon l’Agence ivoirienne de presse, l’annonce a été faite pendant les Grands Rendez-vous de l’AIP.
L’économie bleue doit occuper une place importante dans cette stratégie. Elle concerne notamment la pêche, l’aquaculture, la transformation des produits et les activités économiques liées aux ressources aquatiques.
Économie bleue : réduire la dépendance aux importations
La demande ivoirienne en produits animaux et halieutiques reste supérieure à la production nationale. Le pays doit donc recourir aux importations pour compléter son approvisionnement.
Cette dépendance expose les consommateurs aux variations des prix internationaux. Elle peut aussi fragiliser les marchés lorsque le transport ou les circuits commerciaux sont perturbés.
Le développement de l’économie bleue doit permettre d’augmenter la quantité de poisson produite localement. Il doit également renforcer les chaînes de transformation et de distribution.
Une production nationale plus importante pourrait mieux sécuriser l’approvisionnement des marchés. Cependant, elle devra respecter les exigences sanitaires et environnementales.

L’objectif de 75 % représente donc un défi considérable. Pour l’atteindre, les producteurs devront disposer de financements, d’équipements et d’un accompagnement technique adapté.
Économie bleue : l’aquaculture appelée à progresser
L’aquaculture constitue l’un des principaux leviers disponibles. Elle permet d’élever des poissons dans des bassins, des étangs ou d’autres installations contrôlées.
Son développement peut compléter les captures issues de la pêche traditionnelle. Il peut aussi réduire la pression exercée sur certaines ressources naturelles.
Toutefois, les exploitants rencontrent plusieurs difficultés. Le prix des aliments, l’accès aux alevins et le financement des installations peuvent ralentir la création ou l’agrandissement des fermes.
L’économie bleue nécessitera donc une production régulière d’alevins de qualité. Les aquaculteurs devront également bénéficier de formations sur la gestion sanitaire et économique de leurs exploitations.
Par ailleurs, les infrastructures de conservation doivent être renforcées. Sans une chaîne du froid efficace, une partie de la production risque d’être perdue avant sa commercialisation.
Économie bleue : la pêche artisanale au centre des enjeux
La pêche artisanale fait vivre de nombreuses familles. Elle alimente aussi les marchés locaux et soutient plusieurs activités de transformation.
Les pêcheurs ont toutefois besoin d’embarcations adaptées et d’équipements de sécurité. Ils doivent également accéder à des sites de débarquement répondant aux normes sanitaires.
Le renforcement de l’économie bleue implique donc une modernisation progressive des installations. Les débarcadères, les chambres froides et les espaces de transformation doivent fonctionner de manière coordonnée.
La gestion durable des ressources reste également essentielle. Une augmentation incontrôlée des captures pourrait entraîner une diminution des stocks de poissons.
Les autorités devront ainsi renforcer la surveillance des zones de pêche. Elles devront aussi lutter contre les pratiques illégales et faire respecter les périodes ou les zones de protection.
Économie bleue : davantage de transformation locale
La Côte d’Ivoire ne veut pas seulement augmenter la production. Elle souhaite également développer la transformation locale.
Le poisson peut être vendu frais, congelé, fumé ou transformé en différents produits. Chaque activité peut générer des emplois et créer de la valeur supplémentaire.
Les femmes occupent déjà une place importante dans la transformation et la commercialisation du poisson. Leur accès aux équipements modernes et au financement représente donc un enjeu économique majeur.
L’économie bleue peut aussi soutenir les entreprises spécialisées dans l’emballage, le transport et la conservation. Elle concerne ainsi plusieurs métiers au-delà de la seule activité de pêche.
Cependant, les unités de transformation devront respecter les règles sanitaires. La qualité des produits influencera directement la confiance des consommateurs et les possibilités d’exportation.
Économie bleue : des investissements importants attendus
La réalisation de l’objectif gouvernemental nécessitera des investissements publics et privés. Les infrastructures, les équipements et la formation demanderont des ressources financières importantes.
Les banques et les organismes de financement devront proposer des mécanismes adaptés aux réalités des producteurs. En effet, certaines exploitations ont besoin de plusieurs mois avant de générer leurs premières recettes.
Le secteur privé peut également intervenir dans la production d’aliments, la construction de fermes aquacoles et le développement des chaînes logistiques.
De son côté, l’État doit créer un environnement favorable. Il peut notamment faciliter l’accès au foncier, améliorer la réglementation et renforcer les services techniques.
L’économie bleue devra aussi attirer les jeunes entrepreneurs. Les métiers de l’aquaculture, de la maintenance et de la transformation peuvent offrir de nouvelles perspectives d’emploi.
Économie bleue : protéger les ressources naturelles
Le développement économique ne doit pas se faire au détriment de l’environnement. Les lagunes, les fleuves et les zones côtières doivent rester protégés contre la pollution.
Les déchets industriels, les eaux usées et certaines pratiques agricoles peuvent dégrader les milieux aquatiques. Cette pollution menace les poissons ainsi que les populations utilisant ces ressources.
Par conséquent, les projets liés à l’économie bleue devront intégrer des mesures environnementales. Les installations aquacoles devront limiter leurs rejets et utiliser les ressources de manière responsable.
La protection des mangroves représente également un enjeu important. Ces espaces participent à la reproduction de plusieurs espèces et protègent les côtes contre l’érosion.
Une politique durable doit donc concilier production, création d’emplois et préservation des écosystèmes.
Économie bleue : les résultats devront être mesurés
L’objectif de 75 % est fixé pour 2030. Sa réalisation devra être suivie à travers des indicateurs précis.
Les autorités devront notamment mesurer l’évolution de la production locale, le nombre d’exploitations créées et la quantité de produits importés.
L’impact sur les prix payés par les consommateurs devra également être examiné. Une hausse de la production ne sera réellement utile que si elle améliore l’accès aux produits alimentaires.
Les créations d’emplois et les revenus des producteurs permettront aussi d’évaluer les résultats de l’économie bleue.
Pour comprendre les difficultés actuelles des producteurs, consultez notre article sur les exonérations étudiées pour l’aquaculture en Côte d’Ivoire.
Info Côte d’Ivoire suivra les investissements annoncés et l’évolution de la production nationale jusqu’en 2030.


