Les acteurs de l’aquaculture examinent des mesures fiscales destinées à réduire les coûts de production en Côte d’Ivoire.
Aquaculture en Côte d’Ivoire : le gouvernement examine, ce mardi 20 octobre 2026, des exonérations fiscales sur les intrants et équipements afin de réduire les coûts de production et stimuler l’offre nationale de poisson face aux importations.
Aquaculture en Côte d’Ivoire : plusieurs taxes concernées
Le gouvernement ivoirien envisage notamment une exonération de la taxe sur la valeur ajoutée. Les droits de douane et certaines taxes d’entrée pourraient également être concernés.
Ces mesures porteraient sur les intrants et les équipements indispensables aux exploitations aquacoles. Toutefois, aucune décision définitive n’a encore été annoncée par les autorités.
La réflexion a été engagée lors d’un atelier de concertation organisé à Abidjan. Les administrations publiques, les producteurs et plusieurs partenaires techniques ont participé aux échanges.
Cette rencontre s’inscrit dans le Projet d’appui au développement des politiques du secteur aquacole. L’Agence japonaise de coopération internationale, également appelée JICA, participe à cette initiative.
Selon les informations publiées par l’Agence ivoirienne de presse, les participants doivent identifier précisément les produits pouvant bénéficier des allègements envisagés. Agence Ivoirienne de Presse
Des coûts élevés freinent l’aquaculture en Côte d’Ivoire
Le développement de l’aquaculture en Côte d’Ivoire reste confronté au prix élevé des intrants. Une partie importante des aliments pour poissons et des équipements demeure importée.
Les producteurs doivent également supporter les coûts des alevins, des géniteurs et des produits vétérinaires. Ces dépenses réduisent leur compétitivité et ralentissent l’agrandissement des exploitations.
Le président de l’Interprofession aquacole, Maurice Savadogo, a ainsi plaidé pour un accompagnement fiscal des producteurs. Selon lui, une réduction des charges favoriserait le développement de la filière.
Elle permettrait aussi aux exploitants de consolider leurs activités avant d’augmenter progressivement leur contribution fiscale. Les professionnels réclament donc un dispositif adapté à la réalité économique du secteur.
Aquaculture en Côte d’Ivoire : un mécanisme transparent attendu
Les exonérations éventuelles devront reposer sur un mécanisme transparent. Celui-ci devra préciser les bénéficiaires, les équipements concernés et les procédures de contrôle.
Les participants à l’atelier doivent également proposer une feuille de route. Celle-ci servira à préparer les dispositions juridiques et réglementaires nécessaires.
Kaba Ibrahima, conseiller technique chargé de l’aquaculture au ministère des Ressources animales et halieutiques, a appelé à une démarche méthodique et responsable.
En effet, les besoins des producteurs devront être conciliés avec les contraintes budgétaires de l’État. Les mesures retenues devront donc soutenir la filière sans déséquilibrer les recettes publiques.
Une facture d’importation de 520 milliards de FCFA
L’aquaculture en Côte d’Ivoire représente un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire. La demande nationale de poisson reste largement supérieure à la production locale.
En 2024, le pays aurait importé 732 954 tonnes de poissons. La valeur de ces importations est estimée à environ 520 milliards de FCFA, selon les chiffres présentés pendant l’atelier.
Cette dépendance exerce une pression importante sur les ressources financières nationales. Elle rend également le marché ivoirien sensible aux variations des prix et aux perturbations des circuits internationaux.
Par conséquent, une augmentation de la production nationale permettrait de réduire progressivement les importations. Elle contribuerait aussi à améliorer la disponibilité du poisson sur les marchés locaux.
Cette problématique rejoint les efforts déjà engagés dans d’autres filières alimentaires. Le gouvernement et les professionnels recherchent également des solutions contre la hausse du prix de la viande en Côte d’Ivoire.
La JICA étudie un financement majeur
La JICA pourrait apporter un soutien financier important à l’aquaculture en Côte d’Ivoire. Son représentant résident, Kato Koichi, a évoqué un éventuel prêt concessionnel.
Le montant étudié serait compris entre 80 et 100 milliards de FCFA. Toutefois, ce financement reste à l’étape de l’évaluation et ne constitue pas encore un engagement définitif.
Une mission de l’institution japonaise séjourne actuellement en Côte d’Ivoire. Elle collecte et vérifie les informations nécessaires à l’étude du programme.
Jusqu’à 100 milliards pour l’aquaculture en Côte d’Ivoire
L’évaluation finale pourrait intervenir avant la fin de l’année 2026. Si le projet est validé, son lancement pourrait avoir lieu pendant le premier semestre 2027.
Le programme envisagé porterait sur l’amélioration du climat des investissements. Il pourrait également soutenir les infrastructures de production et renforcer la gouvernance du secteur.
Un tel financement offrirait de nouvelles perspectives aux pisciculteurs. Cependant, les conditions d’accès, le calendrier et les modalités de remboursement devront être clairement précisés.
Des emplois attendus dans la filière aquacole
Le développement de l’aquaculture en Côte d’Ivoire pourrait créer de nombreux emplois. Les jeunes pourraient notamment intervenir dans la production, la transformation, la conservation et la distribution.
La filière peut également générer des activités autour de la fabrication d’aliments, du transport et de la commercialisation. Elle représente donc un potentiel économique qui dépasse la seule production de poisson.
Cependant, la réussite de cette politique dépendra de plusieurs facteurs. Les producteurs auront besoin de financements accessibles, de formations adaptées et d’un meilleur encadrement technique.
Les mesures étudiées s’inscrivent dans la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture. Sa phase 2026-2030 doit renforcer les capacités productives nationales.
L’aquaculture en Côte d’Ivoire pourrait ainsi devenir un instrument de souveraineté alimentaire. Mais les annonces devront désormais être suivies de décisions concrètes et d’un calendrier clairement défini.
Info Côte d’Ivoire suivra les conclusions de l’atelier ainsi que les prochaines décisions relatives aux exonérations fiscales et au financement annoncé par la JICA.


