Le CPC avait été créé en février 2024 pour faciliter le dialogue entre le District autonome d’Abidjan et les treize mairies.
CPC d’Abidjan : créé en février 2024 pour rapprocher le District autonome et les treize mairies, ce mécanisme de dialogue paraît désormais fragilisé par les démolitions contestées et les divergences persistantes sur la gestion de la capitale économique.
CPC d’Abidjan : un cadre créé après de fortes tensions
Le Cadre permanent de concertation a été mis en place le 28 février 2024. Sa création intervenait déjà dans un contexte marqué par des désaccords autour des premières opérations de déguerpissement.
Le ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, Cissé Ibrahima Bacongo, avait alors rencontré les maires des treize communes ou leurs représentants.
Les élus avaient demandé l’établissement d’un mécanisme permanent de dialogue. L’objectif était de faciliter les échanges avant la mise en œuvre des opérations susceptibles d’affecter les communes et leurs populations.
La première réunion officielle du CPC d’Abidjan s’est tenue le 12 mars 2024 à la mairie de Treichville.
Selon le District, cette rencontre devait permettre de lever les zones d’ombre et de clarifier les rapports entre les différentes institutions locales. Consulter le compte rendu officiel du District d’Abidjan.
CPC d’Abidjan : cinq rencontres organisées en 2024
Au cours des mois suivants, le cadre de concertation a tenu plusieurs rencontres dans différentes communes.
La cinquième réunion s’est notamment déroulée le 10 juillet 2024 à Marcory. Elle avait été précédée par une rencontre organisée à Cocody au mois de juin.
À cette période, le District et les maires affichaient leur volonté de coordonner la lutte contre le désordre urbain.
Le cadre devait également permettre d’examiner les opérations de salubrité, l’occupation des voies publiques et les interventions dans les quartiers considérés comme dangereux ou précaires.
Toutefois, la tenue de réunions ne suffisait pas à garantir l’application de toutes les recommandations. Des interrogations étaient déjà apparues après le déguerpissement du quartier Abattoir de Port-Bouët en juin 2024.
Certains observateurs se demandaient alors si les engagements pris dans le cadre du CPC avaient été respectés avant l’intervention.
CPC d’Abidjan : aucune dissolution officiellement annoncée
À ce jour, aucune décision officielle annonçant la dissolution du CPC d’Abidjan n’a été rendue publique.
Il serait donc inexact d’affirmer que cette structure a juridiquement disparu.
Cependant, son existence formelle ne garantit pas nécessairement son fonctionnement régulier. L’absence d’informations récentes sur ses réunions alimente les interrogations.
La question est désormais de savoir si ce mécanisme intervient encore dans la préparation des décisions qui affectent directement les communes.
CPC d’Abidjan : les démolitions ravivent les désaccords
Depuis sa création, plusieurs opérations de déguerpissement et de démolition ont suscité des contestations à Abidjan.
Les tensions ont notamment concerné Port-Bouët, Yopougon, Koumassi et le Plateau. Dans certaines affaires, les élus locaux ont déclaré ne pas avoir été suffisamment associés aux décisions.
À Port-Bouët, le maire Emmou Sylvestre avait publiquement exprimé son émotion face aux conséquences de certaines démolitions sur les populations.
Le District avait cependant soutenu que les opérations menées dans la commune répondaient à des préoccupations liées à l’insalubrité, à l’insécurité et au désordre urbain.
Il avait également affirmé que la situation de certains quartiers avait été abordée au cours de réunions antérieures avec la municipalité.
Info Côte d’Ivoire avait rapporté le cri du cœur du maire de Port-Bouët après les déguerpissements.
CPC d’Abidjan : le Plateau illustre les tensions persistantes
En septembre 2026, une nouvelle controverse a opposé le District autonome à la mairie du Plateau.
Une partie des aménagements de la promenade lagunaire a été démolie dans la nuit du 11 au 12 septembre par les services du District.
Cette intervention a provoqué une réaction de la municipalité, qui a réclamé des explications sur les motifs et les conditions de l’opération.
Cet épisode a relancé le débat sur la circulation de l’information entre le District et les communes.
Si le CPC d’Abidjan fonctionne effectivement, il devrait normalement servir à examiner les dossiers susceptibles de provoquer des conflits entre les institutions.
Toutefois, aucune information publique ne permet actuellement de confirmer qu’une concertation préalable a été organisée sur cette opération précise.
CPC d’Abidjan : l’affaire de Gesco reste sensible
Les déguerpissements réalisés à Gesco, dans la commune de Yopougon, demeurent également au cœur d’une procédure contestée.
En octobre 2026, le collectif représentant certaines victimes a demandé une expertise immobilière contradictoire, une indemnisation et le relogement des familles concernées.
La procédure judiciaire engagée ne permet pas, à ce stade, de conclure définitivement sur les responsabilités des différentes parties.
Elle montre toutefois que les conséquences des anciennes opérations continuent d’alimenter les tensions entre les populations, les collectivités et le District.
CPC d’Abidjan : des compétences qui se chevauchent
Les relations entre le District et les mairies sont rendues complexes par la répartition des compétences.
Les communes disposent de responsabilités locales. Elles interviennent notamment dans la gestion des marchés, de la salubrité, de la voirie communale et de certains aménagements.
Le District autonome possède, de son côté, des missions couvrant l’ensemble de l’agglomération. Il intervient dans des domaines dépassant les limites d’une seule commune.
Cette organisation peut favoriser les conflits lorsqu’une opération conduite par le District affecte un espace géré ou aménagé par une mairie.
Le CPC avait précisément pour vocation de réduire ces incompréhensions. Il devait permettre aux institutions d’échanger avant les interventions et de coordonner leurs communications auprès des populations.
CPC d’Abidjan : un dialogue devenu difficile à mesurer
L’une des principales faiblesses actuelles réside dans le manque de visibilité sur les activités récentes du cadre.
Les citoyens ne disposent pas facilement d’un calendrier public des réunions, des sujets examinés et des décisions adoptées.
Cette absence d’information empêche de déterminer si le CPC est réellement inactif ou s’il poursuit ses travaux sans communication régulière.
Une publication systématique des comptes rendus permettrait de renforcer la transparence. Elle aiderait également les habitants à comprendre les responsabilités respectives du District et des mairies.
CPC d’Abidjan : trois conditions pour relancer le mécanisme
Une relance crédible du cadre de concertation pourrait reposer sur trois mesures essentielles.
Premièrement, le District et les maires pourraient établir un calendrier régulier de réunions. Les rencontres ne devraient pas être organisées uniquement après l’apparition d’une crise.
Deuxièmement, les opérations majeures pourraient faire l’objet d’une concertation préalable documentée. Chaque institution connaîtrait ainsi ses obligations avant le début des travaux.
Troisièmement, les populations concernées devraient recevoir une information claire sur les délais, les motifs des opérations et les solutions d’accompagnement prévues.
CPC d’Abidjan : mort ou simplement affaibli ?
Les éléments disponibles ne permettent pas d’annoncer officiellement la mort du CPC.
Le mécanisme n’a pas été dissous et demeure théoriquement un espace de dialogue entre le District et les treize mairies.
Cependant, les conflits répétés montrent que ses objectifs initiaux ne sont pas toujours visibles dans la gestion quotidienne de la capitale économique.
Le véritable enjeu consiste donc moins à déterminer si le CPC d’Abidjan existe sur le papier qu’à vérifier s’il influence encore les décisions.
Une nouvelle réunion publique, accompagnée d’un bilan des engagements pris depuis 2024, permettrait de clarifier la situation.
Sans cette relance, le CPC risque de devenir un mécanisme symbolique, invoqué après les crises mais peu utilisé pour les prévenir.
Info Côte d’Ivoire reste disponible pour publier les positions du District autonome d’Abidjan et des différentes mairies concernées.


