Les autorités sanitaires ont présenté la situation du VIH dans le Cavally lors d’une réunion organisée à Guiglo.
Dans le Cavally, 5 740 personnes vivant avec le VIH suivent un traitement antirétroviral, tandis que 96 patients sont perdus de vue. Ces données ont été présentées mercredi 28 octobre 2026 à Guiglo devant le comité régional.
VIH dans le Cavally : 5 740 patients sous traitement
La situation sanitaire régionale a été examinée lors de la réunion statutaire du Comité régional de lutte contre le VIH/Sida. La rencontre s’est tenue à Guiglo sous la présidence de Boka Kouassi Vincent, préfet de la région du Cavally et préfet du département de Guiglo.
Les chiffres ont été communiqués par le directeur régional de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, le docteur Jules Galla Bi Koffi.
Selon le responsable sanitaire, 5 740 personnes vivant avec le VIH bénéficient actuellement d’un traitement antirétroviral dans la région.
Ces traitements permettent de contrôler la multiplication du virus et de préserver la santé des patients. Leur efficacité repose cependant sur une prise régulière des médicaments et un suivi médical adapté.
Les données présentées lors de la réunion ont été rapportées par l’Agence ivoirienne de presse.
VIH dans le Cavally : 96 patients perdus de vue
Malgré le nombre important de personnes prises en charge, les autorités sanitaires s’inquiètent de la situation de 96 patients dépistés séropositifs et précédemment placés sous traitement.
Ces personnes sont désormais considérées comme perdues de vue. Cette expression signifie que les services de santé ne disposent plus d’un suivi confirmé de leur prise en charge.
Elle ne permet toutefois pas d’affirmer que les 96 patients ont volontairement abandonné leur traitement. Certains peuvent avoir déménagé, changé de centre de santé ou rencontré des difficultés personnelles, financières ou géographiques.
Les équipes sanitaires doivent donc tenter de rétablir le contact avec les personnes concernées afin de connaître leur situation réelle et de faciliter leur retour dans le parcours de soins.
Une interruption du suivi médical peut compromettre l’efficacité de la prise en charge. Les autorités insistent ainsi sur l’importance de respecter les rendez-vous et de signaler tout changement de lieu de résidence aux professionnels de santé.

VIH dans le Cavally : pourquoi le suivi reste essentiel
Le traitement antirétroviral ne supprime pas définitivement le VIH de l’organisme. Il permet néanmoins de réduire la quantité de virus présente dans le sang.
Lorsque la charge virale devient indétectable, le système immunitaire est mieux protégé. Une personne qui suit correctement son traitement peut ainsi conserver une bonne qualité de vie.
Une charge virale indétectable ne signifie cependant pas que la personne est guérie. Le traitement et le suivi médical doivent être poursuivis conformément aux recommandations des professionnels de santé.
Les informations générales sur la prévention, le dépistage et la prise en charge sont disponibles auprès de l’ONUSIDA.
VIH dans le Cavally : un résultat encourageant chez les femmes enceintes
La réunion a également permis de présenter une avancée importante concernant les femmes enceintes dépistées séropositives dans la région.
D’après le directeur régional de la Santé, toutes les femmes enceintes diagnostiquées positives ont été placées sous traitement antirétroviral.
Elles auraient également atteint un taux de suppression virale de 100 %. Cela signifie que la quantité de virus dans leur sang est devenue indétectable au moyen des tests utilisés pour leur suivi.
Cette prise en charge est particulièrement importante pour réduire le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement.
Les autorités sanitaires encouragent donc les femmes enceintes à se faire dépister. Lorsqu’un résultat positif est établi, un traitement précoce et correctement suivi améliore la protection de la mère et de son enfant.
VIH dans le Cavally : les objectifs des « trois 95 »
Le Comité régional de lutte contre le VIH/Sida reste préoccupé par la non-atteinte des objectifs appelés les « trois 95 ».
Le premier objectif consiste à permettre à 95 % des personnes vivant avec le VIH de connaître leur statut sérologique.
Le deuxième vise à placer sous traitement 95 % des personnes ayant reçu un diagnostic positif. Le troisième cherche à obtenir une suppression virale chez 95 % des patients sous traitement.
Ces objectifs nécessitent une mobilisation continue des centres de santé, des agents communautaires, des associations et des autorités administratives.
La lutte contre la stigmatisation demeure également essentielle. La crainte du jugement ou de la discrimination peut décourager certaines personnes de se faire dépister ou de retourner dans leur centre de soins.
La confidentialité, l’écoute et l’accompagnement doivent donc rester au centre de la prise en charge.
VIH dans le Cavally : les communautés appelées à agir
Le docteur Jules Galla Bi Koffi a appelé les chefs de village, les responsables communautaires, les guides religieux ainsi que les associations de femmes et de jeunes à renforcer la sensibilisation.
Ces acteurs disposent d’une proximité particulière avec les populations. Leur participation peut contribuer à diffuser des informations fiables, à encourager le dépistage et à orienter les personnes vers les structures sanitaires.
Les agents de santé communautaires jouent également un rôle important. Ils peuvent accompagner les personnes vivant avec le VIH, rappeler les rendez-vous et aider les patients rencontrant des difficultés d’accès aux soins.
Le responsable régional a par ailleurs indiqué que le taux d’incidence communiqué pour le VIH dans le Cavally était estimé à 1 %.
La situation exige donc la poursuite des campagnes de prévention, particulièrement auprès des populations qui rencontrent des difficultés d’accès à l’information ou aux services sanitaires.
Retrouver les patients et consolider les résultats
La priorité immédiate consiste désormais à clarifier la situation des 96 patients perdus de vue et, lorsque cela est nécessaire, à faciliter leur retour dans le parcours médical.
Cette démarche doit être conduite dans le respect de la confidentialité et sans culpabiliser les personnes concernées.
La situation du VIH dans le Cavally présente ainsi deux réalités. D’un côté, plusieurs milliers de patients bénéficient d’une prise en charge et les résultats annoncés chez les femmes enceintes sont encourageants. De l’autre, les interruptions de suivi et les objectifs encore non atteints montrent que les efforts doivent se poursuivre.
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