Le GAFI retire officiellement la Côte d’Ivoire de sa liste des juridictions placées sous surveillance renforcée.
La Côte d’Ivoire a été retirée, vendredi 30 octobre 2026, de la liste grise du GAFI après deux années de réformes. Cette décision met fin au régime de surveillance renforcée appliqué au dispositif financier ivoirien.
La décision a été prise à l’issue de la session plénière du Groupe d’action financière, organisée du 28 au 30 octobre 2026 au siège de l’Organisation de coopération et de développement économiques à Paris.
Le GAFI a retiré quatre juridictions de sa liste grise : la Côte d’Ivoire, la Bulgarie, la République démocratique du Congo et Monaco.
Ces pays ont été retirés après des visites concluantes réalisées sur leur territoire. Ces missions ont permis d’examiner l’application effective des réformes annoncées et l’engagement des autorités à préserver les améliorations obtenues.
Le GAFI considère que la Côte d’Ivoire a achevé son plan d’action dans les délais convenus. Le pays ne sera donc plus soumis au mécanisme de surveillance renforcée de l’organisation.
La décision apparaît dans les conclusions officielles de la session plénière du GAFI. 28 au 30 octobre 2026
Qu’est-ce que la liste grise du GAFI ?
La liste grise regroupe les pays dont le dispositif de lutte contre la criminalité financière présente des insuffisances stratégiques.
L’inscription ne signifie pas qu’un pays est automatiquement sanctionné ou exclu du système financier international. Elle indique qu’il fait l’objet d’un suivi particulier et qu’il s’est engagé à corriger les défaillances identifiées.
Les domaines concernés comprennent principalement la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
Un pays inscrit doit appliquer un plan d’action comportant des réformes législatives, institutionnelles et opérationnelles. Il doit ensuite rendre compte régulièrement des progrès accomplis.
La liste grise ne doit pas être confondue avec la liste noire. Cette dernière concerne les juridictions présentant des défaillances particulièrement graves et faisant l’objet d’un appel à l’application de mesures renforcées.
Une inscription remontant à octobre 2024
La Côte d’Ivoire avait été placée sous surveillance renforcée le 25 octobre 2024.
Le pays avait alors accepté de mettre en œuvre un plan d’action destiné à améliorer son dispositif national. Les travaux ont mobilisé l’administration, les services d’enquête, la justice, les institutions financières et différentes professions du secteur privé.
La sortie annoncée le 30 octobre 2026 intervient environ deux ans après l’inscription. Le gouvernement présente ce délai comme le résultat d’une mobilisation accélérée des institutions concernées.
Info Côte d’Ivoire avait précédemment présenté les mesures engagées contre le blanchiment de capitaux pendant la période de surveillance.
Liste grise | six progrès reconnus par le GAFI
Le GAFI a relevé plusieurs améliorations dans le dispositif ivoirien.
La Côte d’Ivoire a d’abord renforcé le recours à la coopération internationale dans les enquêtes et les poursuites liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.
Le pays a ensuite amélioré la surveillance fondée sur les risques des banques, des établissements financiers et de certaines professions non financières.
Les autorités ont également travaillé sur l’identification des propriétaires réels des entreprises et des autres personnes morales. L’objectif est d’empêcher que des sociétés servent à dissimuler l’identité des bénéficiaires de fonds illicites.
Le GAFI relève aussi un renforcement de l’utilisation du renseignement financier par les services chargés des enquêtes.
La Côte d’Ivoire aurait en outre démontré une augmentation durable du nombre d’enquêtes et de poursuites concernant différents types de blanchiment et de financement du terrorisme.
Enfin, le cadre relatif aux sanctions financières ciblées a été renforcé. Ces mesures peuvent notamment concerner le gel d’avoirs liés au terrorisme ou au financement de la prolifération.
Le gouvernement ivoirien salue la décision
Le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a confirmé le retrait dans un communiqué publié le vendredi 30 octobre.
Le gouvernement considère que cette décision récompense les réformes institutionnelles, législatives, réglementaires et opérationnelles engagées depuis l’inscription du pays.
Adama Coulibaly a également salué la coopération entre l’administration publique, les institutions nationales, le secteur privé et les professions libérales.
Le ministre a remercié le GAFI, le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest et les partenaires techniques ayant accompagné le pays.
Le communiqué officiel du gouvernement ivoirien souligne toutefois que les efforts doivent se poursuivre.
Quels effets économiques après la sortie de la liste grise ?
Le retrait peut contribuer à améliorer la perception du système financier ivoirien auprès des banques étrangères, des investisseurs et des partenaires économiques.
Lorsqu’un pays figure sur la liste grise, certaines institutions financières peuvent renforcer leurs contrôles avant de réaliser une opération.
Ces vérifications supplémentaires peuvent allonger le traitement de certains dossiers, augmenter les coûts de conformité ou rendre certains partenaires plus prudents.
La sortie peut donc favoriser une amélioration progressive de la confiance. Elle constitue également un signal positif concernant la capacité du pays à appliquer les normes internationales.
Cependant, elle ne garantit pas automatiquement une augmentation immédiate des investissements ni une baisse des coûts bancaires.
Les décisions des investisseurs dépendent aussi de la stabilité politique, de la fiscalité, de la sécurité juridique, des infrastructures et de la situation économique internationale.
Un enjeu pour les banques et les entreprises
Les banques ivoiriennes doivent continuer à vérifier l’identité de leurs clients, surveiller les transactions suspectes et signaler les opérations présentant un risque.
Les entreprises devront également respecter les obligations concernant la transparence de leurs propriétaires et l’origine de certains fonds.
Les secteurs considérés comme exposés au blanchiment demeurent particulièrement surveillés. Cela peut notamment concerner l’immobilier, les métaux précieux, les jeux, les assurances et certaines professions juridiques.
La sortie de la liste ne signifie donc pas un relâchement des contrôles. Elle implique au contraire que les améliorations obtenues doivent être maintenues durablement.
La Côte d’Ivoire restera suivie par le GIABA
Même après son retrait, la Côte d’Ivoire continuera de travailler avec le GIABA, l’organisme régional chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest.
Ce suivi doit permettre de préserver les progrès et de corriger les nouvelles difficultés qui pourraient apparaître.
Les méthodes utilisées par les réseaux criminels évoluent rapidement. Les autorités doivent notamment surveiller les actifs virtuels, les transferts numériques, les sociétés-écrans et les circuits financiers transfrontaliers.
La formation des enquêteurs, des magistrats et des agents de contrôle devra donc se poursuivre.
Les institutions financières devront également maintenir leurs systèmes de conformité et renforcer la transmission des informations utiles aux autorités compétentes.
Liste grise | les réformes doivent se poursuivre
Le retrait représente une avancée importante pour la crédibilité financière internationale de la Côte d’Ivoire.
Il confirme que les autorités ont réalisé les principales actions attendues dans le plan adopté après l’inscription de 2024.
Cependant, le GAFI précise que le pays doit continuer à coopérer avec le GIABA afin de pérenniser les améliorations de son dispositif.
Le défi consiste désormais à garantir l’application effective des règles au-delà de la période d’évaluation.
La multiplication des enquêtes, la qualité des poursuites, la transparence des entreprises et l’efficacité des sanctions permettront de mesurer les résultats sur la durée.
La sortie de la liste grise met ainsi fin à une étape de surveillance renforcée, mais elle ne clôt pas la lutte contre la criminalité financière.
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