La Côte d’Ivoire recherche des partenaires italiens pour financer treize projets consacrés au développement de sa filière rizicole.
Projets rizicoles ivoiriens : treize programmes évalués à 731,6 milliards de FCFA ont été présentés à 24 entreprises italiennes lors d’une table ronde organisée à Abidjan, afin d’accroître la production locale et de réduire les importations de riz.
Projets rizicoles ivoiriens : 731,6 milliards recherchés
La Côte d’Ivoire souhaite attirer davantage de capitaux étrangers dans son agriculture. Dans cette perspective, les autorités ont exposé plusieurs possibilités d’investissement à une délégation d’entreprises italiennes.
Au total, 16 projets agricoles auraient été présentés. Parmi eux, treize concernent directement la filière rizicole. Leur coût cumulé est estimé à 731,6 milliards de FCFA.

Ces montants correspondent toutefois aux besoins financiers des programmes présentés. Ils ne représentent donc pas encore des investissements définitivement mobilisés.
La rencontre a réuni 24 entreprises italiennes intéressées par différents secteurs. Il s’agit notamment de la mécanisation, de l’irrigation, du stockage et de la transformation agroalimentaire.
Selon les informations publiées par l’Agence ivoirienne de presse, la démarche concerne plus largement plusieurs projets de production vivrière.
Projets rizicoles ivoiriens : priorité à Kossou et Buyo
Le programme le plus important prévoit l’aménagement d’environ 35 000 hectares de terres irriguées. Les travaux seraient réalisés autour des barrages de Kossou et de Buyo.
Ce projet est évalué à près de 355 milliards de FCFA. Il doit permettre d’augmenter les surfaces cultivées et d’assurer une production plus régulière.
En effet, l’irrigation réduit la dépendance des exploitations agricoles aux précipitations. Elle permet également d’organiser plusieurs cycles de production lorsque les conditions techniques sont réunies.
D’autres projets rizicoles ivoiriens concernent la production de semences améliorées. La mécanisation des exploitations figure aussi parmi les priorités présentées aux investisseurs.
Les autorités envisagent, en outre, la réhabilitation d’anciens périmètres rizicoles. La construction d’infrastructures de stockage et la modernisation des unités de transformation complètent cette stratégie.
Pourquoi les projets rizicoles ivoiriens deviennent urgents
Le riz occupe une place centrale dans l’alimentation des ménages ivoiriens. Cependant, la production nationale reste insuffisante pour répondre entièrement à la consommation.
Le pays importe donc chaque année d’importantes quantités de riz. La facture annuelle de ces importations dépasserait 600 milliards de FCFA, selon les estimations relayées lors de la rencontre.
En 2022, les importations ivoiriennes auraient dépassé 1,2 million de tonnes. Par ailleurs, la production locale de riz blanchi était estimée à environ 1,4 million de tonnes en 2023.
La consommation nationale se situerait entre 2,5 et 2,8 millions de tonnes par an. Cet écart explique la dépendance persistante envers les marchés extérieurs.
Ainsi, les projets rizicoles ivoiriens doivent contribuer à réduire progressivement ce déficit. L’objectif affiché est également de protéger le pays contre les variations des prix internationaux.
Les projets rizicoles ivoiriens visent 2030
La Côte d’Ivoire ambitionne de porter sa production à environ 3,2 millions de tonnes de riz blanchi d’ici 2030.
Pour atteindre cette cible, les investissements devront couvrir toute la chaîne de valeur. La production seule ne suffira pas sans des capacités adaptées de conservation et de transformation.
De même, les producteurs auront besoin de machines agricoles, de semences performantes et d’un meilleur accès aux financements.
Le développement de la filière pourrait également créer des emplois dans les zones rurales. Les activités de transport, de commercialisation et de transformation devraient bénéficier de cette progression.
Cette orientation rejoint le plan agricole porté par Bruno Koné, consacré à la modernisation de l’agriculture ivoirienne et au renforcement de la souveraineté alimentaire.
Projets rizicoles ivoiriens : l’expertise italienne sollicitée
La participation des entreprises italiennes répond à une recherche d’expertise technique. L’Italie dispose notamment d’entreprises spécialisées dans les équipements agricoles et les systèmes d’irrigation.
Elle possède aussi un savoir-faire reconnu dans la transformation agroalimentaire. Par conséquent, les partenariats recherchés pourraient associer financements, technologies et formation des acteurs locaux.
L’ambassadrice d’Italie en Côte d’Ivoire, Roberta Di Lecce, a néanmoins insisté sur la nécessité de disposer d’études de faisabilité solides.
Les investisseurs devront connaître précisément les coûts, les risques et les perspectives commerciales de chaque projet. La transparence des procédures sera également déterminante pour transformer les intentions en engagements concrets.
Les projets rizicoles ivoiriens et le Plan Mattei
La coopération agricole s’inscrit notamment dans le cadre du Plan Mattei pour l’Afrique. Cette initiative italienne encourage des partenariats dans l’énergie, les infrastructures et l’agriculture.
Une enveloppe de 200 millions d’euros, soit environ 131 milliards de FCFA, avait précédemment été évoquée pour accompagner le Plan national de développement ivoirien.
Par ailleurs, les projets annoncés ou mobilisés dans le cadre du Plan Mattei en Côte d’Ivoire représenteraient environ 639 millions d’euros, soit près de 420 milliards de FCFA.
Toutefois, ces financements couvrent plusieurs domaines. Ils ne doivent donc pas être confondus avec le coût total des treize projets rizicoles.
Des engagements financiers encore attendus
La présentation aux entreprises italiennes constitue une première étape. Elle devra désormais être suivie de négociations techniques et financières.
Les entreprises intéressées pourront examiner les études disponibles. Elles devront ensuite déterminer les projets compatibles avec leurs compétences et leurs capacités d’investissement.
Ainsi, les projets rizicoles ivoiriens restent, pour le moment, des opportunités soumises aux décisions des partenaires concernés.
Leur concrétisation pourrait néanmoins accélérer la modernisation du secteur. Elle contribuerait aussi à renforcer l’autonomie alimentaire du pays.
Les autorités ivoiriennes devront enfin assurer le suivi des engagements annoncés. La réussite de cette stratégie dépendra des investissements réellement mobilisés et des résultats obtenus sur le terrain.
Info Côte d’Ivoire suivra les prochaines étapes de ces discussions entre les autorités ivoiriennes et les entreprises italiennes.


