Paul Mackenzie a été reconnu coupable du meurtre de 190 enfants et d’un adulte au Kenya.
Paul Mackenzie a été reconnu coupable lundi 19 octobre 2026 au Kenya de 191 meurtres, dont ceux de 190 enfants. Le chef de la secte de Shakahola est accusé d’avoir organisé un jeûne mortel parmi ses fidèles.
Le verdict a été rendu par la justice kényane après un procès ouvert en 2023. L’affaire avait éclaté après la découverte de centaines de corps dans des fosses peu profondes.
Le tribunal considère que le prédicateur dirigeait une organisation structurée. Celle-ci utilisait des enseignements religieux pour contraindre des personnes à cesser de s’alimenter.
Paul Mackenzie reconnu coupable de 191 meurtres
La juge Diana Kavedza a déclaré Paul Mackenzie coupable du meurtre de 190 enfants et d’un adulte. Le verdict concerne l’un des dossiers criminels les plus graves de l’histoire récente du Kenya.
Le prédicateur dirigeait la Good News International Church. Il avait installé ses fidèles sur une vaste propriété située dans le comté côtier de Kilifi.
Selon l’accusation, les victimes étaient encouragées ou contraintes à jeûner jusqu’à leur mort. Le dirigeant religieux leur promettait qu’elles pourraient ainsi rencontrer Jésus.
Le tribunal a conclu que ce système dépassait largement la simple pratique religieuse. Il reposait sur une organisation destinée à contrôler les membres et à empêcher leur fuite.
L’Associated Press rapporte que les enfants auraient été les premières victimes désignées par l’organisation. apnews.com
Paul Mackenzie accusé d’avoir ciblé les enfants
D’après les conclusions du tribunal, les enfants devaient mourir avant les femmes, les hommes et les responsables de la communauté.
Des gardes auraient été mobilisés afin d’empêcher les victimes de s’échapper. Les personnes qui tentaient de manger ou de quitter la propriété auraient subi des violences.
La juge a également relevé que l’éducation et les soins médicaux étaient présentés comme contraires à la doctrine du groupe.
Cette stratégie aurait isolé les familles du reste de la société. Elle aurait également empêché les enfants d’accéder à l’école, aux médecins et aux services sociaux.
Paul Mackenzie aurait ainsi exercé un contrôle important sur la vie quotidienne de ses fidèles. Il aurait utilisé la peur religieuse pour renforcer son autorité.
Paul Mackenzie continue de nier les accusations
Pendant son procès, Paul Mackenzie a rejeté les accusations portées contre lui. Il a affirmé ne pas avoir obligé ses fidèles à se priver de nourriture.
Le tribunal n’a toutefois pas retenu cette défense. Les témoignages, les constatations réalisées sur le terrain et les éléments présentés par l’accusation ont conduit à sa condamnation.
Plusieurs anciens membres du groupe auraient accepté de témoigner. Certains étaient initialement poursuivis avant de collaborer avec la justice.
L’épouse du prédicateur et plusieurs de ses proches ont également été impliqués dans la procédure. La responsabilité précise de chaque accusé doit être appréciée par la juridiction.
Plus de 400 corps découverts à Shakahola
L’affaire avait profondément choqué le Kenya en 2023. Les enquêteurs avaient découvert plus de 400 corps enterrés dans des fosses peu profondes.
Les exhumations avaient été réalisées sur le ranch de Chakama, dans la région de Shakahola. La propriété couvrait environ 320 hectares.
Les fidèles vivaient dans des habitations rudimentaires. Leur isolement réduisait les possibilités d’intervention des habitants, des proches et des autorités.
Certaines victimes seraient mortes de faim. Toutefois, les examens médico-légaux avaient également soulevé des soupçons de violences et d’autres causes de décès.
La découverte des corps avait provoqué une importante mobilisation policière. Des enquêteurs, des médecins légistes et des spécialistes avaient été envoyés dans la zone.
Le procès de Paul Mackenzie ouvert depuis 2023
Paul Mackenzie avait été arrêté en 2023 avant d’être poursuivi pour meurtre avec son épouse et plusieurs membres de son organisation.
La procédure a été particulièrement complexe en raison du nombre de victimes et d’accusés. La justice devait aussi examiner une quantité importante de preuves et de témoignages.
En mai 2024, une juridiction avait demandé une réduction du nombre de chefs d’accusation. Cette décision devait permettre de faciliter l’organisation du procès.
Cependant, une juridiction d’appel a ensuite autorisé le parquet à poursuivre les 191 accusations de meurtre. Elle a estimé que la loi ne limitait pas leur nombre.
Le procès a donc continué sur l’ensemble des accusations. Le verdict du 19 octobre représente une étape déterminante dans cette longue procédure.
Quelle peine attend Paul Mackenzie ?
Une audience consacrée aux circonstances pouvant influencer la peine est prévue le 30 octobre 2026.
La sentence définitive doit ensuite être prononcée le 6 novembre. La justice devra tenir compte du nombre de victimes, de leur âge et de l’organisation des crimes.
Les familles réclament une sanction sévère. Plusieurs proches des victimes considèrent que cette condamnation représente une première forme de justice.
Cependant, le verdict ne met pas fin à toutes les procédures. Paul Mackenzie et ses associés peuvent encore être concernés par d’autres accusations.
Le prédicateur fait notamment face à des poursuites liées au terrorisme, à la radicalisation et à la privation d’éducation imposée aux enfants.
Le Kenya face aux dérives des organisations religieuses
L’affaire a relancé le débat sur l’encadrement des organisations religieuses au Kenya. Les autorités cherchent à renforcer la surveillance sans porter atteinte à la liberté de religion.
Le gouvernement kényan avait annoncé des mesures après les premières découvertes. Des commissions avaient également été chargées d’examiner les défaillances ayant permis au groupe de fonctionner.
La question centrale concerne la détection des communautés fermées. Les membres de ces groupes peuvent être isolés de leurs familles, des services médicaux et des autorités.
Le drame de Shakahola démontre également l’importance de protéger les enfants contre les discours extrémistes. Les services sociaux doivent pouvoir intervenir lorsque leur santé ou leur éducation est menacée.
Cette condamnation intervient alors que plusieurs pays affrontent différentes formes de violences organisées. Info Côte d’Ivoire a également relaté la récente disparition de quatre soldats salvadoriens en Haïti.
Le verdict contre Paul Mackenzie constitue désormais un précédent majeur. Les familles attendent le prononcé de la peine prévu le 6 novembre.
Info Côte d’Ivoire suivra la décision finale de la justice kényane et les éventuelles réactions des autorités.


