La Gambie consacrera plus de 2,57 millions de dollars récupérés aux États-Unis à l’indemnisation des victimes du régime de Yahya Jammeh.
Victimes de Jammeh : la Commission gambienne des réparations a reçu 2,57 millions de dollars issus de la vente d’une résidence américaine de l’ancien président. Ces fonds serviront exclusivement à indemniser les personnes persécutées sous son régime.
Victimes de Jammeh : 2,57 millions de dollars récupérés
La Commission gambienne des réparations a annoncé avoir reçu exactement 2 573 414,10 dollars américains.
Cette somme provient de la vente d’une résidence située à Potomac, dans l’État américain du Maryland, près de Washington.
La propriété appartenait à l’ancien président Yahya Jammeh. Elle aurait été acquise par l’intermédiaire d’une structure fiduciaire créée par son épouse, Zineb Jammeh.
Les autorités américaines considéraient que la résidence avait été achetée avec des fonds provenant d’activités de corruption et du détournement de ressources publiques gambiennes.
Après une procédure de confiscation, le bien a été vendu. Le produit de la vente peut maintenant être utilisé au bénéfice des victimes de Jammeh.
Les fonds déposés à la Banque centrale de Gambie
La somme récupérée a été directement versée sur le compte du Fonds des réparations à la Banque centrale de Gambie.
Elle ne pourra donc pas être utilisée pour financer les dépenses générales de l’État. La Commission affirme qu’elle sera exclusivement consacrée aux réparations.
Cette affectation précise vise à rassurer les victimes et les organisations de défense des droits humains. Celles-ci demandent depuis plusieurs années davantage de transparence dans la gestion des avoirs de l’ancien dirigeant.
Selon l’agence Associated Press, la Commission gambienne des réparations a confirmé la réception des fonds le mardi 20 octobre 2026.
Le versement représente une étape importante pour les victimes de Jammeh, même si leurs besoins dépassent largement la somme récupérée.
Victimes de Jammeh : une restitution organisée avec Washington
Les gouvernements gambien et américain avaient signé un accord de transfert le 18 septembre 2026.
Lors de la signature, le montant annoncé était de 2 507 911,73 dollars. La Commission a ensuite déclaré avoir reçu un total légèrement supérieur de 2 573 414,10 dollars.
Le ministère américain de la Justice avait engagé la procédure de confiscation du bien. Les États-Unis accusaient Yahya Jammeh et son épouse d’avoir utilisé des fonds détournés pour acheter la résidence.
L’accord prévoyait que l’argent récupéré soit transféré au Fonds gambien des réparations. Les autorités américaines ont ainsi voulu éviter que la somme soit absorbée par d’autres dépenses publiques.
Le remboursement de ces avoirs doit permettre aux victimes de Jammeh de bénéficier directement d’une partie des ressources attribuées à l’ancien régime.
Plus de deux décennies de violations dénoncées
Yahya Jammeh a dirigé la Gambie pendant plus de 22 ans. Il est arrivé au pouvoir en 1994 après un coup d’État militaire.
Son régime a été marqué par de nombreuses accusations de violations des droits humains. Des victimes et plusieurs organisations ont signalé des arrestations arbitraires, des actes de torture et des disparitions forcées.
Des exécutions extrajudiciaires et des violences sexuelles ont également été dénoncées. Certaines personnes auraient été persécutées en raison de leurs opinions politiques ou de leur activité professionnelle.
Des journalistes, des opposants et des membres des forces de sécurité figurent parmi les personnes touchées.
Les victimes de Jammeh réclament depuis plusieurs années la reconnaissance des crimes, des poursuites judiciaires et des réparations adaptées.
Le départ de Yahya Jammeh en 2017
Le règne de Yahya Jammeh a pris fin après l’élection présidentielle de décembre 2016.
Le dirigeant avait initialement reconnu sa défaite face à Adama Barrow. Il avait ensuite contesté les résultats et refusé de quitter le pouvoir.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest avait alors menacé d’intervenir militairement pour faire respecter le résultat de l’élection.
Sous la pression régionale, Yahya Jammeh avait finalement quitté la Gambie en janvier 2017. Il s’était installé en Guinée équatoriale.
Son départ a ouvert la voie à un processus de justice transitionnelle. Une Commission vérité, réconciliation et réparations a été créée pour enquêter sur les crimes présumés de son régime.
Une commission chargée des réparations
La Commission gambienne des réparations a été mise en place en 2023. Elle est chargée d’organiser l’indemnisation des personnes ayant subi des violations.
Les réparations peuvent prendre plusieurs formes. Certaines victimes peuvent recevoir une compensation financière, tandis que d’autres ont besoin d’un accompagnement médical ou psychologique.
Des familles attendent également des informations sur leurs proches disparus. D’autres demandent la restitution de biens ou la reconnaissance officielle des préjudices subis.
Les 2,57 millions de dollars permettront de renforcer les ressources disponibles. Cependant, leur répartition devra respecter des critères clairs et équitables.
La crédibilité du mécanisme dépendra donc de la transparence des paiements accordés aux victimes de Jammeh.
Victimes de Jammeh : un premier pas vers la justice
L’Alliance des organisations dirigées par des victimes a accueilli favorablement le retour de ces fonds.
Sa directrice, Sirra Ndow, considère cette restitution comme une étape importante vers la réparation des victimes et des survivants.
Toutefois, l’indemnisation financière ne remplace pas les procédures judiciaires. Les personnes concernées attendent également que les responsables des violations répondent de leurs actes.
La récupération des avoirs illégalement acquis constitue néanmoins un outil de justice. Elle permet de transformer une partie du patrimoine attribué à l’ancien régime en ressources destinées aux personnes lésées.
Les victimes de Jammeh pourront ainsi bénéficier directement d’un bien présenté comme acquis avec des ressources détournées.
Un enjeu de transparence pour la Gambie
La gestion des biens saisis à Yahya Jammeh a déjà provoqué des interrogations en Gambie.
Des citoyens ont demandé la publication d’informations précises sur les propriétés vendues, les prix obtenus et l’utilisation des recettes.
Le gouvernement gambien a publié certains documents concernant la cession des avoirs de l’ancien président. Il doit désormais garantir une traçabilité similaire pour les réparations.
Chaque paiement devrait pouvoir être justifié sans exposer publiquement les données personnelles ou médicales des bénéficiaires.
La Commission devra également expliquer les critères de priorité retenus. Certaines victimes sont âgées, malades ou vivent encore avec les conséquences physiques des violences.
La transparence sera donc essentielle pour maintenir la confiance dans le processus.
Victimes de Jammeh : une affaire suivie en Afrique
Le mécanisme gambien est observé par plusieurs pays africains engagés dans des processus de justice transitionnelle.
La récupération de fonds à l’étranger reste souvent complexe. Elle nécessite une coopération judiciaire entre les États et des preuves solides sur l’origine des biens.
Dans cette affaire, la vente de la résidence américaine montre qu’un avoir confisqué peut être directement réorienté vers les victimes.
Cette actualité intervient alors que plusieurs pays africains réforment leur système judiciaire. Info Côte d’Ivoire revient également sur le rétablissement de la peine de mort au Burkina Faso.
Pour les victimes de Jammeh, la prochaine étape sera l’ouverture effective des paiements et la publication d’un calendrier clair.
Info Côte d’Ivoire suivra la répartition des fonds et l’évolution des procédures concernant l’ancien président gambien.


