Le nouveau Code pénal burkinabè réintroduit la peine capitale pour plusieurs infractions particulièrement graves.
Peine de mort : les 71 membres de l’Assemblée législative du peuple du Burkina Faso ont adopté, le 20 octobre 2026, un nouveau Code pénal qui réintroduit cette sanction pour le terrorisme et plusieurs crimes graves.
Peine de mort : un vote unanime au Burkina Faso
Le Burkina Faso opère un changement majeur dans sa politique pénale. Les membres de l’Assemblée législative du peuple ont adopté à l’unanimité le nouveau Code pénal.
La réforme a obtenu 71 voix favorables. Elle marque le retour de la peine de mort, supprimée du droit pénal burkinabè en 2018.
Le texte avait été préparé par le gouvernement avant son examen par l’organe législatif. Un projet de révision avait notamment été adopté en Conseil des ministres en décembre 2025.
Les autorités présentent cette réforme comme une réponse aux menaces qui affectent la sécurité du pays. Elles évoquent également la nécessité de moderniser le dispositif juridique national.
Toutefois, le vote ne constitue pas nécessairement la dernière étape. L’entrée en vigueur du Code reste soumise aux formalités de promulgation et de publication.

Les crimes concernés par la peine de mort
Le nouveau Code pénal réserve la sanction capitale à plusieurs catégories d’infractions considérées comme particulièrement graves.
Les actes liés au terrorisme figurent parmi les principales infractions concernées. La mesure peut viser les auteurs, mais également les complices reconnus coupables par la justice.
L’espionnage et la trahison sont aussi mentionnés. Ces infractions concernent directement la sécurité nationale et les intérêts fondamentaux de l’État.
Le parricide fait également partie des crimes susceptibles d’être sanctionnés par la peine de mort. Ce terme désigne notamment le meurtre d’un père, d’une mère ou d’un ascendant.
Le Code prévoit aussi cette peine pour l’importation de produits périmés ou interdits lorsque leur consommation provoque la mort de personnes.
Cette disposition élargit donc le champ d’application au-delà des seuls crimes terroristes ou des atteintes contre l’État.
Peine de mort et infractions terroristes
Le ministre burkinabè de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a défendu la réforme devant les membres de l’Assemblée.
Selon ses explications, le gouvernement souhaite renforcer la réponse pénale aux actes terroristes. Le pays demeure confronté aux violences de plusieurs groupes armés.
Les autorités considèrent que la prison à vie ne constitue plus une réponse suffisante pour certaines infractions liées au terrorisme.
Ainsi, la peine de mort est présentée comme un instrument supplémentaire dans la stratégie de lutte contre les violences armées.
Cette position suscite néanmoins un débat juridique et politique. Les opposants à la peine capitale contestent notamment son efficacité comme moyen de dissuasion.
Un retour huit ans après l’abolition
Le Burkina Faso avait aboli la peine capitale pour les crimes de droit commun en 2018. Cette suppression avait été adoptée sous la présidence de Roch Marc Christian Kaboré.
Le pays n’avait cependant procédé à aucune exécution depuis plusieurs décennies. Selon Amnesty International, la dernière exécution connue remonte à 1988.
Le nouveau vote intervient donc huit ans après l’abolition législative. Il ne marque pas seulement une modification technique du Code pénal.
Il représente également un changement profond dans l’orientation judiciaire du pays. La législation burkinabè revient à une sanction qu’elle avait décidé d’abandonner.
Selon Ouestaf News, le gouvernement justifie cette évolution par la protection des populations et le renforcement de la sécurité.
Peine de mort : les arguments du gouvernement
Le ministère de la Justice affirme que le nouveau Code doit renforcer l’ordre public. La réforme vise aussi à préserver les valeurs fondamentales de la nation.
Le gouvernement veut adapter la législation à la situation sécuritaire actuelle. Le Burkina Faso fait face à une insurrection armée depuis plus d’une décennie.
Les attaques ont causé de nombreuses victimes. Elles ont aussi entraîné des déplacements massifs de populations et perturbé les services publics dans plusieurs zones.
Dans ce contexte, les autorités dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré ont fait de la lutte contre le terrorisme une priorité nationale.
Le rétablissement de la peine de mort s’inscrit dans cette politique de durcissement de la réponse pénale.
Cependant, la mesure ne concerne pas uniquement les groupes armés. Elle peut également s’appliquer à d’autres crimes prévus par le nouveau Code.
Une efficacité contestée par les défenseurs des droits humains
Les organisations de défense des droits humains s’opposent généralement à la peine capitale. Elles considèrent qu’elle porte atteinte au droit à la vie.
Amnesty International avait notamment demandé aux autorités burkinabè de renoncer à cette réforme lors de son annonce.
L’organisation estime que la peine de mort n’a pas démontré un effet dissuasif supérieur à celui des autres sanctions pénales.
Les défenseurs de son abolition alertent également sur le caractère irréversible d’une exécution. Une erreur judiciaire ne peut plus être réparée une fois la peine appliquée.
Ils redoutent enfin une utilisation extensive de cette sanction dans un contexte sécuritaire et politique particulièrement tendu.
Les garanties judiciaires au centre des préoccupations
L’application du nouveau Code devra respecter les règles de procédure pénale. Toute condamnation nécessite une enquête, un procès et une décision rendue par une juridiction compétente.
Les personnes poursuivies doivent notamment pouvoir bénéficier d’une défense et exercer les voies de recours prévues par la loi.
Ces garanties seront particulièrement observées dans les dossiers susceptibles d’aboutir à la peine de mort.
La définition exacte des infractions, la qualité des preuves et l’indépendance des juridictions deviendront des éléments essentiels.
Les observateurs suivront également les conditions de promulgation du texte. Le Code devra être publié officiellement avant de produire pleinement ses effets juridiques.
Peine de mort : une décision qui divisera l’opinion
Une partie de l’opinion pourrait accueillir favorablement le durcissement des sanctions. Les violences terroristes ont profondément marqué la population burkinabè.
Des familles ont perdu des proches, leurs habitations ou leurs activités. Certaines communautés vivent encore sous une menace sécuritaire permanente.
D’autres citoyens et organisations pourraient toutefois craindre des atteintes aux droits fondamentaux. Le débat devrait donc opposer les impératifs de sécurité aux principes de protection de la vie humaine.
Info Côte d’Ivoire avait précédemment rapporté la condamnation d’un agent de santé au Burkina Faso, dans un contexte de fermeté accrue de la justice.
Le rétablissement de la peine de mort confirme désormais cette orientation pénale plus sévère.
Info Côte d’Ivoire suivra la promulgation du Code, ses modalités d’application et les réactions des organisations nationales et internationales.


