Les premières projections donnent une courte avance au bloc de Gadi Eisenkot, sans majorité absolue à la Knesset.
Élections en Israël : les premières projections donnent 52 à 53 sièges au bloc de Gadi Eisenkot, contre 50 à celui de Benyamin Netanyahou. Aucun camp n’obtient toutefois les 61 députés nécessaires pour gouverner seul.
Ces estimations ont été diffusées après la fermeture des bureaux de vote, mardi 27 octobre 2026. Elles ne constituent pas encore les résultats officiels du scrutin.
Les chaînes israéliennes 12 et 13 présentent des répartitions très proches. La première accorde 52 sièges au bloc conduit par Gadi Eisenkot, tandis que la seconde lui en attribue 53.
Dans les deux projections, la coalition de droite et d’extrême droite soutenant le Premier ministre sortant obtient 50 sièges.
Élections en Israël : aucun bloc n’atteint la majorité

La Knesset compte 120 députés. Une coalition doit donc réunir au moins 61 sièges pour disposer de la majorité absolue et former un gouvernement stable.
Or, selon les premières projections rapportées par Anadolu, aucun des deux principaux blocs ne franchit ce seuil.
Le camp de Gadi Eisenkot possède une courte avance numérique. Cependant, cette avance ne lui permet pas automatiquement de devenir Premier ministre.
De son côté, le Likoud de Benyamin Netanyahou resterait la première formation politique du pays. Il obtiendrait entre 24 et 25 députés, contre environ 21 ou 22 pour Yashar, le parti d’Eisenkot.
La bataille politique ne se limite donc pas au nombre de sièges remporté par chaque parti. Elle dépend surtout des alliances que les dirigeants seront capables de construire.
Élections en Israël : des résultats encore provisoires
Les données disponibles proviennent principalement de sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote.
Les résultats officiels doivent être publiés progressivement par la Commission électorale centrale. Le comptage pourrait se prolonger en raison des bulletins placés dans des enveloppes spéciales.
Ces votes comprennent notamment ceux des militaires, des diplomates, des personnes hospitalisées et de certains électeurs ne votant pas dans leur bureau habituel.
Il serait donc prématuré de présenter Gadi Eisenkot comme le vainqueur définitif ou le prochain chef du gouvernement.
Le suivi publié par Le Monde souligne également que les deux camps restent au coude-à-coude et revendiquent chacun la possibilité de former une coalition.
Élections en Israël : les partis arabes deviennent incontournables
La progression des listes arabes israéliennes constitue l’un des principaux enseignements de ces premières estimations.
Raam et la Liste unifiée obtiendraient ensemble entre 17 et 18 sièges. Leur représentation actuelle serait ainsi considérablement renforcée.
Avec ce résultat, les deux formations pourraient occuper une position déterminante lors des négociations parlementaires.
Elles pourraient soutenir un candidat, participer à une coalition ou choisir un appui extérieur sans entrer directement au gouvernement.
Toutefois, l’expression « faiseurs de rois » doit être utilisée avec prudence. Les partis arabes ne constituent pas nécessairement un ensemble politique homogène.
Leurs orientations et leurs conditions de participation peuvent différer. De plus, certaines formations israéliennes restent opposées à une coalition dépendant de leur soutien.
Les partis arabes détermineront-ils le prochain gouvernement ?
Le bloc Eisenkot totaliserait 52 ou 53 sièges sans les listes arabes. Il lui manquerait donc au moins huit ou neuf élus pour atteindre la majorité.
Un accord avec une partie des députés arabes pourrait théoriquement lui permettre de franchir le seuil de 61 sièges.
Cependant, une telle entente exigerait des concessions politiques importantes. Les discussions pourraient notamment porter sur les droits des citoyens arabes, la sécurité, la guerre à Gaza et la politique menée dans les territoires palestiniens.
Benyamin Netanyahou pourrait également chercher des soutiens supplémentaires en dehors de son bloc traditionnel.
La formation du gouvernement pourrait ainsi prendre plusieurs semaines, même après la proclamation des résultats définitifs.
Le Liban observe attentivement les élections en Israël
À Beyrouth, l’évolution du scrutin est suivie avec une attention particulière. Les autorités libanaises espèrent qu’un changement de direction politique en Israël pourrait faciliter les négociations bilatérales.
Gadi Eisenkot est un ancien chef d’état-major de l’armée israélienne. Le président libanais Joseph Aoun a également dirigé les forces armées de son pays avant son accession à la présidence.
Cette expérience militaire commune pourrait faciliter leur compréhension des dossiers sécuritaires. Elle ne garantit toutefois aucune convergence politique.
Une analyse de L’Orient Today consacrée aux conséquences du scrutin pour le Liban indique que plusieurs responsables libanais verraient favorablement l’arrivée d’Eisenkot.
Ils le considèrent comme un interlocuteur potentiellement plus prévisible que Benyamin Netanyahou. Beyrouth espère notamment une relance des discussions sur la frontière, les retraits militaires et la sécurité du sud du Liban.
Eisenkot pourrait changer la méthode, pas la doctrine sécuritaire
L’arrivée éventuelle de Gadi Eisenkot ne signifierait pas nécessairement un changement profond de la doctrine militaire israélienne.
L’ancien chef d’état-major reste attaché à la sécurité d’Israël et au maintien d’une forte capacité de dissuasion.
Ses divergences avec Benyamin Netanyahou pourraient surtout concerner la méthode diplomatique, les relations avec les alliés occidentaux et la recherche de compromis régionaux.
Eisenkot pourrait notamment accorder une place plus importante aux négociations soutenues par les États-Unis et la France.
Cependant, sur la présence militaire israélienne près de la frontière libanaise et le désarmement du Hezbollah, les différences entre les deux dirigeants pourraient rester limitées.
Beyrouth ne peut donc pas considérer une victoire éventuelle de l’opposition comme la garantie d’un accord rapide.
Élections en Israël : une longue bataille politique commence
Les prochaines étapes seront déterminantes. La publication des résultats officiels permettra d’établir la composition exacte de la Knesset.
Le président israélien devra ensuite consulter les différentes formations. Il confiera la mission de constituer un gouvernement au dirigeant qui paraît disposer des meilleures chances de réunir une majorité.
Ce choix ne revient pas obligatoirement au chef du parti arrivé en tête. La capacité à obtenir le soutien de 61 députés reste le principal critère.
Les lecteurs peuvent retrouver notre précédent article présentant les enjeux des élections en Israël pour Benyamin Netanyahou.
Pour le moment, Gadi Eisenkot dispose d’un avantage dans les projections par blocs. Toutefois, aucun vainqueur définitif ne peut encore être proclamé.
Les résultats officiels et les négociations avec les partis arabes détermineront l’identité du prochain Premier ministre israélien.


