INTERCOTON actualise trois outils numériques afin d’améliorer la gestion des coopératives cotonnières ivoiriennes.
La digitalisation des coopératives cotonnières franchit une nouvelle étape en Côte d’Ivoire. INTERCOTON veut déployer des outils actualisés pour améliorer la gouvernance et les performances des organisations de producteurs.
Cette initiative est mise en œuvre dans le cadre du Projet de résilience des systèmes cotonniers du Nord de la Côte d’Ivoire, appelé RESCO.
Un atelier de restitution et de validation s’est tenu les 6 et 7 octobre 2026 à Yamoussoukro. Une quarantaine de participants ont examiné les nouvelles solutions proposées.
La digitalisation des coopératives cotonnières examinée à Yamoussoukro
L’atelier a réuni des représentants des structures publiques, des organisations professionnelles agricoles et des coopératives bénéficiaires.
Les travaux portaient sur l’actualisation de plusieurs logiciels destinés à la gestion administrative et financière. Les participants devaient vérifier leur adaptation aux réalités du terrain.
Selon l’Agence ivoirienne de presse, trois outils complémentaires ont été présentés.
Il s’agit de GESCOOP, d’EASYCOMPTA et d’un système d’identification intégrant un module de géoréférencement.
Ces outils doivent notamment corriger les insuffisances constatées dans de précédentes solutions. Ils devront aussi intégrer les évolutions de l’organisation et de la réglementation comptable.
GESCOOP au service de la gestion coopérative
GESCOOP constitue le premier outil de la digitalisation des coopératives cotonnières. Il est spécialement consacré à leur gestion.
Une société coopérative doit conserver des informations précises sur ses membres, ses dirigeants et ses activités. Elle doit également assurer le suivi de ses décisions et de ses opérations.
L’utilisation d’un outil numérique peut faciliter la centralisation de ces données. Elle peut aussi réduire les risques de perte de documents et améliorer leur consultation.
Toutefois, la réussite de GESCOOP dépendra de la qualité des informations saisies. Les utilisateurs devront donc être correctement formés.
Le système devra également rester accessible aux coopératives installées dans les zones où la connexion à Internet est limitée.
EASYCOMPTA pour une comptabilité simplifiée
EASYCOMPTA constitue le deuxième outil annoncé. Cette application doit faciliter la gestion comptable des sociétés coopératives.
La comptabilité permet aux responsables de connaître les recettes, les dépenses et la situation financière de leur organisation. Elle facilite également la préparation des rapports destinés aux membres.
Or, certaines coopératives rencontrent des difficultés pour respecter les exigences comptables. L’absence d’outils adaptés peut compliquer le suivi des ressources.
EASYCOMPTA doit donc proposer une méthode simplifiée. L’objectif est d’aider les coopératives à produire des informations financières plus fiables.
Une meilleure comptabilité peut également renforcer la confiance des producteurs. Elle facilite par ailleurs les relations avec les banques, les partenaires et les administrations.
Le géoréférencement, grande innovation du dispositif
La principale innovation de la digitalisation des coopératives cotonnières concerne le géoréférencement. Le système doit permettre de localiser les coopératives légalement constituées dans le bassin cotonnier.
Les responsables pourront ainsi disposer d’une cartographie plus précise des organisations. Ils pourront aussi identifier leurs dirigeants et obtenir des informations sur leur fonctionnement.
Le système d’information géographique est couramment désigné par le sigle SIG. Il associe des données administratives à une localisation précise.
Grâce à cet outil, INTERCOTON et ses partenaires pourront améliorer le suivi des coopératives. Ils pourront également mieux organiser leurs missions d’appui et de supervision.
Cependant, les responsables devront garantir la protection des informations collectées. Les données personnelles et économiques ne devront pas être accessibles à des personnes non autorisées.
La digitalisation des coopératives cotonnières renforce la FPC-CI
Les nouvelles solutions doivent également soutenir la Fédération des unions des sociétés coopératives des producteurs de coton de Côte d’Ivoire.
La FPC-CI pourra utiliser les données recueillies pour suivre les organisations membres. Elle devrait ainsi mieux identifier leurs besoins et leurs difficultés.
Kassoum Silué, directeur général de la FPC-CI, a salué l’appui accordé à cette initiative. Il a notamment cité l’État ivoirien, le ministère de l’Économie et des Finances et l’Agence française de développement.
Il a également souligné l’implication des coopératives bénéficiaires. Cette participation doit favoriser une meilleure appropriation des outils.
En effet, une application imposée sans consulter ses futurs utilisateurs risque d’être peu utilisée. Les producteurs et les gestionnaires doivent donc participer à son amélioration.
INTERCOTON adapte les outils aux nouvelles réalités
Silué Siontiamma Jean-Baptiste, directeur exécutif d’INTERCOTON et coordonnateur du projet RESCO, a insisté sur la nécessité d’actualiser les outils.
Les anciennes solutions avaient été développées dans le cadre du Projet d’appui au secteur agricole de Côte d’Ivoire. Elles doivent désormais être adaptées aux réformes comptables et aux besoins actuels.
INTERCOTON représente les principaux acteurs de la filière. L’organisation regroupe notamment la production, la transformation et la commercialisation cotonnières.
D’après les données publiées sur le site officiel d’INTERCOTON, le coton est principalement cultivé dans le Centre et le Nord de la Côte d’Ivoire.
La filière comprend des producteurs, des sociétés cotonnières, des égreneurs et des entreprises de transformation. Leur coordination nécessite donc des données fiables.
Une filière présente dans plus de 4 000 villages
La culture du coton repose principalement sur de petites exploitations familiales. Selon INTERCOTON, leur superficie moyenne avoisine deux hectares.
Ces exploitations sont réparties dans plus de 4 000 villages et campements. Elles couvrent 23 départements du pays.
La filière dispose également d’une capacité industrielle totale estimée à 605 000 tonnes. Elle compte 14 usines, dont 13 sont indiquées comme fonctionnelles par INTERCOTON.
Dans ce contexte, la digitalisation des coopératives cotonnières peut faciliter la circulation des informations. Elle peut également améliorer la planification des actions dans le bassin cotonnier.
Toutefois, son déploiement devra tenir compte des différences entre les coopératives. Toutes ne disposent pas du même niveau d’équipement ou de personnel formé.
La formation, condition essentielle du succès
La mise à disposition de logiciels ne suffira pas. Les gestionnaires devront apprendre à utiliser correctement les trois outils.
Une assistance technique sera également nécessaire après leur installation. Les problèmes rencontrés devront être corrigés rapidement pour éviter l’abandon des applications.
Par ailleurs, les coopératives auront besoin d’ordinateurs ou d’équipements compatibles. L’alimentation électrique et la connexion devront aussi être prises en compte.
La formation doit concerner les responsables administratifs, mais également les dirigeants. Ces derniers doivent comprendre les informations produites par les logiciels.
Ainsi, le numérique pourra réellement soutenir la gouvernance. Il ne devra pas devenir une contrainte supplémentaire pour les producteurs.
Le projet RESCO face aux changements climatiques
La digitalisation des coopératives cotonnières constitue l’une des actions du projet RESCO. Ce programme vise à renforcer la résilience de la filière dans le Nord ivoirien.
Le projet intervient dans quatre grands domaines. Il soutient la durabilité et l’innovation, ainsi que la professionnalisation des exploitations agricoles familiales.
Il doit également améliorer la commercialisation et renforcer les capacités institutionnelles. Son approche prend en compte la participation et les besoins des femmes.
La filière cotonnière reste exposée aux changements climatiques. Les variations des pluies et les épisodes de sécheresse peuvent affecter les rendements.
Des données plus fiables peuvent aider les responsables à mieux planifier leurs interventions. Elles peuvent aussi améliorer l’accompagnement des coopératives les plus vulnérables.
Une transformation numérique de l’agriculture ivoirienne
Cette initiative s’inscrit dans une évolution plus large de l’agriculture ivoirienne. Plusieurs filières utilisent désormais des systèmes numériques d’identification et de traçabilité.
Info Côte d’Ivoire a notamment présenté le développement de la traçabilité du cacao en Côte d’Ivoire, qui repose sur l’utilisation de la carte du producteur.
Dans le secteur cotonnier, les outils GESCOOP, EASYCOMPTA et SIG doivent améliorer la gestion des organisations. Leur efficacité devra néanmoins être évaluée après leur déploiement.
La digitalisation des coopératives cotonnières pourra être considérée comme réussie si elle améliore réellement la transparence et les services apportés aux producteurs.
Info Côte d’Ivoire suivra la mise en service de ces outils numériques et leur adoption par les sociétés coopératives du bassin cotonnier.


