L’épidémie d’Ebola provoquée par le virus Bundibugyo continue de progresser en RDC, principalement en Ituri et au Nord-Kivu.
L’épidémie d’Ebola en RDC a atteint 8 728 cas confirmés et 4 205 décès au 6 octobre 2026, selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la Santé. Au moins 2 269 patients ont également guéri de la maladie.
L’Ituri demeure l’épicentre de cette crise sanitaire. Cependant, le Nord-Kivu enregistre désormais une progression inquiétante des contaminations et le taux de mortalité le plus élevé parmi les provinces touchées.
La circulation du virus reste soutenue malgré les efforts des équipes médicales. Le suivi incomplet des personnes ayant été en contact avec des malades complique fortement l’interruption des chaînes de transmission.
Épidémie d’Ebola en RDC : 8 728 cas confirmés
La flambée actuelle est provoquée par le virus Bundibugyo, une espèce du virus Ebola. Elle a été officiellement déclarée en mai 2026.
Depuis le précédent rapport publié le 25 septembre, 775 nouvelles infections confirmées ont été enregistrées. Ces cas supplémentaires ont provoqué 379 décès.
Au cours de la seule journée du 6 octobre, les autorités sanitaires ont recensé 62 nouvelles contaminations.
L’Ituri représentait 33 de ces cas. Le Nord-Kivu en comptait 30, tandis que les autres provinces ne signalaient aucune nouvelle infection pendant cette période de 24 heures.
Le nombre moyen de contaminations a atteint environ 72 cas par jour pendant les sept jours précédant le bilan.
Ces chiffres démontrent que l’épidémie d’Ebola en RDC reste active. Ils montrent également que la transmission n’est toujours pas maîtrisée.
L’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie
L’Ituri concentre la majorité des contaminations. La province totalise 6 480 cas confirmés et 2 989 décès.
L’épidémie y a été détectée après l’apparition de plusieurs décès suspects dans les zones de santé de Mongbwalu, Rwampara et Bunia.
Des investigations rétrospectives ont ensuite permis d’identifier des cas survenus avant la déclaration officielle de la flambée.
L’Ituri est confrontée depuis plusieurs années aux violences de groupes armés. Cette insécurité limite les déplacements des équipes sanitaires et complique le transport du matériel.
Certaines communautés vivent également dans des zones difficiles d’accès. Les routes sont parfois impraticables et les communications restent limitées.
Dans ce contexte, les agents de santé ne peuvent pas toujours identifier rapidement les personnes malades. Des patients peuvent alors transmettre le virus avant leur prise en charge.
Épidémie d’Ebola en RDC : le Nord-Kivu inquiète
Le Nord-Kivu devient un autre foyer important de l’épidémie d’Ebola en RDC. La province totalise désormais 1 755 cas confirmés et 1 013 décès.
Son taux de létalité atteint environ 57,7 %. Il s’agit du taux provincial le plus élevé parmi les zones actuellement touchées.
La province représentait environ 40 % des nouveaux cas confirmés au début du mois d’octobre. Cette proportion était beaucoup plus faible à la fin du mois d’août.
La zone de santé d’Alimbongo est la plus récemment affectée. Elle a signalé quatre cas confirmés, dont deux décès.
D’autres secteurs du Nord-Kivu connaissent également une transmission soutenue. Les structures médicales locales manquent parfois de personnel, de lits et de matériel de protection.
L’insécurité représente une difficulté supplémentaire. Les déplacements liés aux combats facilitent la circulation du virus entre plusieurs localités.
Plus de 70 % des nouveaux malades échappaient au suivi
Le suivi des contacts constitue l’une des principales méthodes utilisées pour arrêter une épidémie d’Ebola.
Lorsqu’un patient est diagnostiqué, les équipes recensent les personnes ayant été en contact avec lui. Ces dernières sont ensuite surveillées pendant la période d’incubation.
Cependant, plus de 70 % des nouveaux cas n’étaient pas liés à des contacts déjà identifiés, selon les responsables sanitaires cités par l’Associated Press.
Seulement 23 % des contacts attendus auraient été effectivement suivis. Cette situation signifie que de nombreuses chaînes de transmission demeurent inconnues.
Une personne infectée peut donc continuer à circuler dans sa communauté. Elle peut consulter plusieurs établissements ou rester à domicile avant d’être diagnostiquée.
Le renforcement du suivi des contacts devient ainsi indispensable pour ralentir l’épidémie d’Ebola en RDC.
De nombreux décès surviennent hors des centres de traitement
Une part importante des malades décède à domicile ou dans des structures médicales ordinaires.
Selon Africa CDC, environ 60 % des décès surviennent en dehors des centres spécialisés. Cette situation augmente les risques de transmission.
Le corps d’une personne décédée d’Ebola reste particulièrement contagieux. Les contacts directs pendant les funérailles peuvent provoquer de nouvelles contaminations.
Certaines familles refusent néanmoins de signaler les décès. D’autres souhaitent organiser rapidement les funérailles selon leurs traditions.
La méfiance envers les autorités et les organisations médicales demeure forte dans plusieurs zones. Les rumeurs et les fausses informations aggravent également la situation.
Les responsables sanitaires souhaitent donc associer davantage les chefs communautaires, les responsables religieux et les familles à la riposte.
Une réponse sanitaire jugée insuffisamment coordonnée
Des organisations humanitaires décrivent une réponse désorganisée dans certaines parties du Nord-Kivu.
Les centres de traitement manquent de professionnels expérimentés. Les équipements de protection, les médicaments et les moyens de transport sont parfois insuffisants.
Les agents présents dans les structures ordinaires doivent prendre des décisions difficiles. Ils peuvent accueillir un patient suspect et s’exposer au virus, ou le renvoyer sans soins adaptés.
L’Organisation mondiale de la Santé appelle au renforcement de la surveillance, des laboratoires et des capacités de traitement.
De son côté, Africa CDC coordonne une partie de la réponse continentale et du partage des données.
Les autorités congolaises ont également adopté un plan d’urgence. Celui-ci doit améliorer la détection précoce, le suivi des contacts et l’accès rapide aux soins.
Épidémie d’Ebola en RDC : aucun vaccin spécifique approuvé
La souche Bundibugyo pose un défi particulier. Les vaccins utilisés contre le virus Ebola de type Zaïre ne bénéficient pas automatiquement de la même efficacité contre cette espèce.
À la date du dernier rapport, aucun vaccin spécifiquement approuvé contre le virus Bundibugyo n’était disponible pour une utilisation générale.
Il n’existait pas davantage de traitement antiviral spécifique officiellement approuvé contre cette souche.
La prise en charge repose donc principalement sur les soins de soutien. Les patients reçoivent notamment des liquides, de l’oxygène et des traitements contre les complications.
Une détection rapide améliore les chances de survie. Les personnes présentant des symptômes doivent donc contacter les services de santé sans se rendre seules dans plusieurs établissements.
Des recherches et des essais cliniques sont en cours. Toutefois, leurs résultats doivent être évalués avant une utilisation plus large.
Comment le virus Ebola se transmet-il ?
Le virus se transmet par contact direct avec le sang ou les liquides biologiques d’une personne infectée.
La contamination peut également survenir à travers des objets souillés. Les aiguilles, les vêtements, les draps et les équipements médicaux peuvent représenter un risque.
Une personne ne transmet généralement pas le virus avant l’apparition des symptômes. Cependant, elle devient contagieuse lorsqu’elle commence à présenter des signes de la maladie.
Les premiers symptômes comprennent souvent une fièvre soudaine, une forte fatigue, des douleurs musculaires et des maux de tête.
Des vomissements, une diarrhée, des douleurs abdominales ou des saignements peuvent ensuite apparaître.
Ces signes ressemblent parfois à ceux du paludisme ou d’autres maladies. Seul un test effectué en laboratoire peut confirmer une infection.
Les déplacements augmentent le risque régional
Les déplacements entre les provinces et les pays voisins rendent la surveillance plus difficile.
Des milliers de personnes traversent régulièrement les frontières pour travailler, commercer ou rejoindre leur famille.
Les violences armées provoquent également des mouvements importants de populations. Des personnes infectées peuvent ainsi voyager avant de présenter des symptômes.
Le risque de propagation régionale nécessite une coordination entre la RDC et ses voisins. Les postes frontaliers doivent disposer de procédures de détection et d’orientation.
Cependant, les contrôles ne doivent pas entraîner la stigmatisation des Congolais. Ils doivent reposer sur des données sanitaires et des mesures proportionnées.
L’objectif consiste à détecter rapidement les cas sans interrompre inutilement les échanges essentiels entre les communautés frontalières.
Plus de 4 200 décès et une mortalité proche de 50 %
Avec 4 205 décès pour 8 728 cas confirmés, le taux brut de létalité atteint environ 48,2 %.
Ce niveau signifie que presque un patient confirmé sur deux est décédé. Toutefois, les différences entre les provinces restent importantes.
Le Nord-Kivu présente un taux supérieur à la moyenne nationale. Cette situation pourrait être liée aux retards de diagnostic, au manque de soins ou aux difficultés d’accès.
L’épidémie d’Ebola en RDC est désormais la plus grave jamais enregistrée dans le pays.
Elle dépasse largement la flambée de 2018-2020, qui avait provoqué près de 2 300 décès.
Info Côte d’Ivoire avait déjà alerté sur la progression de cette crise dans un précédent article consacré à la flambée d’Ebola en RDC liée à la souche Bundibugyo.
La confiance des communautés devient indispensable
Les autorités sanitaires ne pourront pas interrompre la transmission sans l’adhésion des populations.
Les équipes doivent expliquer clairement les procédures d’isolement, les tests et les enterrements sécurisés.
Les habitants doivent également pouvoir signaler leurs inquiétudes et recevoir des réponses dans leurs langues locales.
La participation des survivants peut contribuer à renforcer la confiance. Leurs témoignages montrent qu’une prise en charge rapide peut sauver des vies.
La lutte contre les fausses informations reste tout aussi importante. Les autorités doivent communiquer régulièrement des données compréhensibles et vérifiables.
L’évolution de l’épidémie d’Ebola en RDC dépendra donc autant des moyens médicaux que de la coopération avec les communautés.
Info Côte d’Ivoire continuera de suivre les bilans de l’OMS, d’Africa CDC et des autorités sanitaires congolaises.


