Le nouveau Code de la route béninois comprend 122 articles et crée 14 délits routiers.
Code de la route : l’Assemblée nationale du Bénin a adopté, lundi 26 octobre 2026, une nouvelle législation de 122 articles remplaçant l’arrêté colonial de 1956 et renforçant les obligations imposées aux conducteurs, motocyclistes et transporteurs.
Le texte a été approuvé à l’unanimité des députés présents et représentés au Palais des Gouverneurs de Porto-Novo.
Cette loi porte le numéro 2026-18. Elle est organisée en six titres et introduit plusieurs changements importants dans la réglementation de la circulation.
Le gouvernement souhaite notamment réduire le nombre d’accidents, mieux protéger les piétons et renforcer les sanctions contre les comportements dangereux.
Code de la route : le Bénin abandonne un texte de 1956
Le Bénin appliquait encore une réglementation routière issue d’un arrêté général datant de 1956.
Ce cadre avait donc été élaboré avant l’indépendance du pays et ne correspondait plus entièrement aux réalités actuelles de la circulation.
Le nombre de voitures, de motos, de poids lourds et de véhicules de transport collectif a fortement augmenté en 70 ans.
Les villes se sont également agrandies. Les routes sont désormais utilisées simultanément par des automobilistes, des motocyclistes, des cyclistes, des piétons et différents professionnels du transport.
Le nouveau Code de la route cherche à établir des règles adaptées à cette transformation.
Selon le quotidien béninois La Nation, le texte contient 122 articles répartis en six titres.
Code de la route : une loi adoptée à l’unanimité
Les députés présents et représentés ont voté unanimement en faveur du projet.
Le ministre du Cadre de vie et des Transports, Georges Alé, a assisté aux travaux parlementaires.
Le texte avait auparavant été examiné par la Commission des lois, de l’administration et des droits de l’Homme.
Son président, Orden Alladatin, a présenté la réforme comme un instrument de protection de la vie humaine.
Le projet initial contenait 121 articles répartis en sept titres. Après les travaux parlementaires, la version adoptée compte finalement 122 articles organisés en six titres.
Code de la route : 14 comportements deviennent des délits
La nouvelle législation transforme 14 comportements graves en délits routiers.
La conduite sous l’influence de stupéfiants est désormais explicitement sanctionnée. Le refus de se soumettre à un dépistage constitue également une infraction grave.
La conduite sans permis, le défaut d’assurance et l’absence de visite technique valide sont aussi concernés.
Le refus d’obéir aux injonctions des forces de l’ordre peut désormais entraîner des poursuites.
L’excès de vitesse n’est plus traité comme une simple irrégularité dans les situations prévues par la loi. Il peut être qualifié de délit et entraîner des sanctions plus sévères.
Le texte prévoit différentes mesures, dont la suspension ou l’annulation du permis, l’immobilisation du véhicule et, dans certains cas, sa confiscation.
Homicide, blessures et délit de fuite
Les accidents entraînant la mort ou des blessures graves pourront être sanctionnés conformément au Code pénal béninois.
L’homicide involontaire, les blessures involontaires et le délit de fuite figurent parmi les comportements les plus sévèrement réprimés.
Le nouveau texte introduit néanmoins une précision particulière.
Une personne ne sera pas automatiquement considérée comme ayant commis un délit de fuite si elle quitte les lieux pour assurer sa propre sécurité, puis se présente immédiatement à la police.
Cette disposition pourrait notamment s’appliquer lorsqu’un conducteur craint d’être agressé par une foule après un accident.
Code de la route : permis et assurance pour les motos
L’assurance des motocyclettes devient obligatoire.
Cette mesure doit permettre une meilleure prise en charge des victimes lorsqu’une moto est impliquée dans un accident.
Les deux-roues occupent une place essentielle dans les déplacements quotidiens au Bénin. Ils sont également utilisés par de nombreux conducteurs professionnels.
Cependant, une partie des motocyclettes circule sans couverture d’assurance suffisante. En cas d’accident, les victimes et leurs familles peuvent alors rencontrer des difficultés pour obtenir une indemnisation.
Le nouveau Code de la route renforce aussi les règles concernant le permis de conduire pour les utilisateurs de véhicules motorisés.
Les modalités précises devront être expliquées pendant la campagne nationale de sensibilisation annoncée par le gouvernement.
Code de la route : alcool et stupéfiants sanctionnés
La conduite après consommation d’alcool fera l’objet d’un contrôle renforcé.
Le texte fixe un seuil d’alcoolémie de 0,8 gramme par litre de sang, correspondant à 0,40 milligramme par litre d’air expiré.
Le dépassement de ce seuil expose le conducteur aux sanctions prévues par la loi.
La conduite sous l’emprise de stupéfiants est également érigée en délit. Le refus de participer au contrôle peut lui-même entraîner des poursuites.
Ces règles visent à réduire les accidents provoqués par une diminution de la vigilance, des réflexes ou de la capacité de jugement.
Des pauses imposées aux conducteurs professionnels
Les conducteurs professionnels effectuant de longs trajets devront respecter des périodes de repos.
Une pause d’au moins 15 minutes devra être observée après trois heures de conduite ou après 200 kilomètres parcourus.
Cette mesure concerne le transport de personnes et de marchandises sur de longues distances.
La fatigue constitue un important facteur d’accident. Elle réduit l’attention et augmente le temps de réaction du conducteur.
Les entreprises de transport devront donc adapter les horaires et les itinéraires afin de permettre l’application de cette obligation.
Les contrôles devront également déterminer comment les conducteurs pourront prouver le respect de leurs périodes de repos.
Code de la route : les piétons mieux protégés
Le texte accorde une attention particulière aux usagers vulnérables.
Les nouvelles infrastructures routières devront intégrer des trottoirs, des passages pour piétons et des pistes cyclables.
Ces espaces ne pourront plus être librement occupés par des commerces ou des installations empêchant leur utilisation.
Les autorités béninoises estiment que les piétons représentent environ 15 % des personnes tuées sur les routes du pays.
La restitution des trottoirs aux piétons doit donc réduire leur exposition directe aux voitures et aux motocyclettes.
L’Agence de presse africaine indique que le nouveau texte cherche à responsabiliser les conducteurs et à renforcer la sécurité de l’ensemble des usagers.
L’éducation routière introduite dès l’école primaire
L’éducation à la sécurité routière doit être intégrée dans l’enseignement primaire.
Les enfants pourront ainsi apprendre les règles de base concernant les feux de circulation, les passages protégés, les trottoirs et le port du casque.
Les auto-écoles devraient participer aux actions de sensibilisation et de formation.
Cette approche mise sur la prévention à long terme. Elle cherche à développer de bonnes habitudes avant même que les jeunes deviennent conducteurs.
Le gouvernement devra toutefois préciser le contenu des enseignements et les conditions de leur intégration dans les programmes scolaires.
Environ 3 200 morts par an sur les routes béninoises
Les autorités béninoises citent un bilan d’environ 3 200 décès routiers chaque année.
Ce nombre correspond à une moyenne proche de neuf morts par jour.
Ces données ont été présentées par les responsables du Centre national de sécurité routière et reprises pendant les discussions entourant la réforme.
Elles ne doivent pas être directement attribuées à l’Organisation mondiale de la Santé sans publication précise de cette institution.
À l’échelle mondiale, l’OMS estime que les accidents routiers provoquent environ 1,16 million de décès par an.
Plus de la moitié des victimes sont des usagers vulnérables, notamment des piétons, des cyclistes et des motocyclistes.
Le Code de la route doit encore suivre la procédure législative
Le vote de l’Assemblée nationale constitue une étape majeure, mais le texte n’est pas encore définitivement applicable.
En raison du nouveau fonctionnement bicaméral béninois, la loi est transmise au président de la République et au président du Sénat.
Le Sénat peut demander une nouvelle délibération dans les conditions prévues par la Constitution.
En l’absence d’observation ou de demande de réexamen, le président de la République pourra promulguer la loi.
Le nouveau Code de la route entrera alors en vigueur sans période transitoire annoncée.
Les conducteurs ne doivent donc pas considérer que toutes les sanctions sont déjà immédiatement applicables avant la promulgation officielle.
Une campagne de sensibilisation annoncée
Le gouvernement affirme avoir préparé les textes nécessaires à la mise en œuvre de la réforme.
Une campagne d’information doit expliquer les nouvelles obligations aux conducteurs, aux motocyclistes, aux transporteurs et aux autres usagers.
Cette sensibilisation sera essentielle pour éviter les interprétations erronées et les rumeurs concernant les permis, les assurances ou les amendes.
L’efficacité du nouveau texte dépendra également des contrôles, de la formation des policiers et des moyens accordés aux tribunaux.
Une réforme observée dans toute l’Afrique de l’Ouest
Les problèmes de sécurité routière concernent l’ensemble des pays de la sous-région.
En Côte d’Ivoire, le Fonds de garantie automobile a récemment présenté son mécanisme de prise en charge des personnes victimes d’accidents causés par des véhicules non assurés ou non identifiés.
Retrouvez notre article sur les 1 087 victimes d’accidents prises en charge gratuitement en Côte d’Ivoire.
Au Bénin, le nouveau Code constitue désormais un important test d’application.
Son impact dépendra de la capacité des autorités à sensibiliser les usagers, faire respecter les règles et sanctionner les comportements les plus dangereux.


