
Les autorités sécuritaires ivoiriennes ont déployé d’importants effectifs pour disperser un rassemblement de fonctionnaires maritimes devant leurs bureaux centraux dans ces affaires maritimes à Abidjan ce lundi 8 juin 2026. L’action policière, marquée par la mise en détention de plusieurs protestataires, visait à neutraliser un mot d’ordre de débrayage de 72 heures initié par le syndicat Synabepam. Les contestataires réclament une revalorisation substantielle de leurs indemnités de logement et l’alignement de leurs grilles salariales.
CONFRONTATION DIRECTE SUR LE SITE DE LA DIRECTION GÉNÉRALE
Dès les premières heures de la matinée, l’accès aux infrastructures administratives de la Direction Générale des Affaires Maritimes et Portuaires (DGAMP) a été placé sous un contrôle policier strict. Face à la détermination des syndicalistes du Synabepam de maintenir leur piquet de grève et d’empêcher le fonctionnement régulier des services, le commandement de la police et de la gendarmerie a ordonné le dégagement des voies publiques.
La fin de non-recevoir opposée par les grévistes aux sommations de dispersion a provoqué des échauffourées musculaires. Les forces de l’ordre ont rapidement encerclé les meneurs de la contestation, procédant à l’embarquement immédiat de plusieurs agents en uniforme. Cette stratégie de tolérance zéro a permis de briser le blocus et de sécuriser le périmètre pour les personnels non grévistes.
LES REVENDICATIONS: UN DIFFÉREND AXÉ SUR LE TRAITEMENT FINANCIER
La paralysie temporaire des services maritimes découle d’un profond désaccord sur la politique sociale de l’institution. Les agents syndiqués reprochent à leur hiérarchie le non- respect d’accords contractuels antérieurs, en particulier dans un contexte économique national où le coût de la vie impacte fortement les fonctionnaires en détachement territorial.
Le cahier des charges soumis par le syndicat s’articule autour de quatre requêtes financières majeures:
Le versement d’une allocation logement forfaitaire de 60 000 F CFA par mois.
L’instauration d’une prime de fin d’année équivalente à un 13ème mois de salaire.
La mise en conformité des rémunérations de base avec le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG).
La réévaluation immédiate des budgets alloués aux frais de déplacement professionnels.
QUEL IMPACT POUR LA SÉCURITÉ DES EAUX IVOIRIENNES ?
La fermeté affichée par la direction générale, qui a choisi la voie de la répression policière pour maintenir l’ouverture des bureaux, suscite des interrogations parmi les observateurs sectoriels. Si l’administration centrale affirme que l’ordre est rétabli, le climat de défiance interne pourrait altérer l’efficacité des brigades de surveillance.
La police maritime joue un rôle stratégique dans le contrôle des flux portuaires, la lutte contre la piraterie et la gestion des ressources halieutiques. Le maintien en détention des leaders syndicaux risque de prolonger une crise sourde au sein de ce corps paramilitaire, alors même que la Côte d’Ivoire intensifie ses efforts pour sécuriser son économie bleue face aux défis régionaux du Golfe de Guinée


