Alassane Ouattara revient sur l’expérience du cacao ivoirien au Japon lors d’une conférence de l’OMC.
Le cacao ivoirien au Japon était au cœur d’une expérience commerciale engagée en 1991, alors qu’Alassane Ouattara occupait les fonctions de Premier ministre de Côte d’Ivoire.
Trente-cinq ans plus tard, le chef de l’État est revenu sur cette initiative lors de la huitième Conférence présidentielle de l’Organisation mondiale du commerce, organisée le 29 octobre 2026 à Genève.
La rencontre avait pour thème « Commerce, investissement et partenariat pour le développement : l’expérience ivoirienne ». Elle s’inscrivait dans le cadre de l’Examen global de l’aide pour le commerce organisé par l’OMC.
Cacao ivoirien au Japon : une tentative de vente directe
En 1991, Alassane Ouattara avait entrepris des démarches pour vendre directement du cacao ivoirien au Japon.
L’objectif était de rapprocher la Côte d’Ivoire des marchés asiatiques et de rechercher de nouveaux débouchés pour l’une des principales productions agricoles du pays.
À cette époque, la Côte d’Ivoire figurait déjà parmi les principaux producteurs mondiaux de cacao. Cependant, l’essentiel de la production était exporté sous forme de fèves, ce qui limitait la capacité du pays à capter une part importante de la valeur ajoutée.
L’expérience du cacao ivoirien au Japon n’a finalement pas abouti. Le président ivoirien a évoqué cette tentative avec recul lors de son intervention à l’OMC, en expliquant que certaines initiatives commerciales peuvent rencontrer des obstacles malgré les efforts engagés.
Cette expérience montre également l’importance de la préparation des marchés, de la transformation locale et de la construction de partenariats durables.
Cacao ivoirien au Japon : les limites de l’exportation brute
Pendant plusieurs décennies, la Côte d’Ivoire a principalement exporté son cacao sous forme de fèves. Cette situation a permis au pays de développer une importante filière agricole, mais elle a aussi limité les revenus tirés de la transformation.
La valeur la plus importante est souvent créée après la production, notamment dans la fabrication du chocolat, le conditionnement, la commercialisation et la distribution.
Lors de sa conférence, Alassane Ouattara a donc insisté sur la nécessité de transformer davantage les matières premières en Côte d’Ivoire. Le président a expliqué que le véritable défi consistait à passer d’une économie qui exporte principalement ses ressources à une économie capable de les transformer localement.
Selon les éléments rapportés par l’Agence ivoirienne de presse, la Côte d’Ivoire souhaite renforcer sa place dans les chaînes de valeur mondiales grâce aux investissements, à la transformation industrielle et à l’innovation.
Cacao ivoirien au Japon : la transformation locale comme priorité
La Côte d’Ivoire a réalisé des progrès dans la transformation de son cacao. D’après le discours du président publié par la Présidence de la République, le taux de transformation pour la campagne 2024-2025 était estimé à 41 %.
Les unités installées dans le pays produisent notamment de la pâte, du beurre et de la poudre de cacao destinés aux marchés internationaux.
La prochaine étape consiste à aller au-delà des produits semi-finis pour développer davantage le chocolat et les produits alimentaires dérivés.
Cette orientation permettrait de créer plus d’emplois, de renforcer les compétences locales et d’augmenter les revenus générés par la filière.
L’objectif ne consiste donc plus seulement à vendre davantage de cacao, mais à vendre des produits ayant une valeur ajoutée plus importante.
Cacao ivoirien au Japon : diversifier les marchés et les partenariats
L’expérience du cacao ivoirien au Japon rappelle également l’importance de la diversification des débouchés commerciaux.
La Côte d’Ivoire cherche à renforcer ses relations avec les marchés asiatiques, européens, africains et américains. Cette diversification permettrait de réduire la dépendance à un nombre limité d’acheteurs et de mieux répondre aux évolutions de la demande mondiale.
À l’OMC, Alassane Ouattara a également évoqué le rôle des investissements et des partenariats dans la transformation économique. Il a défendu l’idée d’une mondialisation plus inclusive, capable d’offrir davantage de possibilités aux pays en développement.
Le chef de l’État a notamment présenté la « réglobalisation » comme une occasion de renforcer les échanges, de faciliter l’accès aux technologies et d’élargir les marchés.
Cacao ivoirien au Japon : une expérience qui nourrit la stratégie actuelle
Même si la tentative engagée en 1991 n’a pas abouti, elle continue d’être présentée comme une expérience importante dans la réflexion sur le commerce extérieur ivoirien.
Elle montre que la conquête d’un marché ne dépend pas uniquement de la disponibilité d’un produit. Elle exige également une stratégie commerciale, des infrastructures, une capacité de transformation et des relations solides avec les acheteurs.
Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire veut tirer les leçons de ses expériences passées pour mieux valoriser ses matières premières.
Le développement de la transformation locale du cacao, de l’anacarde, du caoutchouc et d’autres ressources naturelles constitue désormais une priorité économique.
Pour suivre les informations économiques concernant la Côte d’Ivoire, consultez Info Côte d’Ivoire. Les détails de la conférence présidentielle sont également disponibles sur le site officiel de l’Organisation mondiale du commerce.


