Le gouvernement sénégalais veut accélérer l’identification des victimes du massacre de Thiaroye commis le 1er décembre 1944.
Massacre de Thiaroye : le gouvernement sénégalais a annoncé, mardi 27 octobre 2026 à Dakar, l’accélération des recherches dans les archives et de l’identification des tirailleurs africains tués par l’armée coloniale française le 1er décembre 1944.
Massacre de Thiaroye : un nouveau comité installé
Le Sénégal veut approfondir les recherches consacrées au massacre de Thiaroye, plus de huit décennies après cette page tragique de l’histoire coloniale.
Le secrétaire général du gouvernement, Pape Assane Touré, a annoncé cette nouvelle étape lors de l’installation du comité chargé de préparer le 82e anniversaire du massacre.
La cérémonie commémorative doit se tenir le 1er décembre 2026. Les autorités sénégalaises veulent lui donner une dimension nationale, africaine et internationale.
Le comité devra poursuivre la collecte des sources, l’exploitation des archives et le recensement des victimes. Il aura également pour mission de renforcer les connaissances disponibles sur les circonstances de la tuerie.
Selon l’Agence de presse sénégalaise, les recherches seront menées au Sénégal, mais aussi dans les pays susceptibles de détenir des documents utiles.
Massacre de Thiaroye : les victimes doivent être identifiées
L’identification des victimes constitue l’un des principaux objectifs de cette nouvelle phase de recherches.
Les autorités veulent notamment retrouver les noms des tirailleurs présents au camp militaire de Thiaroye au moment des événements.
Pour y parvenir, les chercheurs devront examiner les listes d’embarquement, les documents administratifs, les dossiers militaires et les archives judiciaires de l’époque.

Les dossiers des procès organisés en 1945 figurent parmi les documents réclamés. Le Sénégal souhaite aussi obtenir la déclassification et la transmission des archives encore conservées à l’étranger.
Ces éléments pourraient permettre de mieux connaître le nombre de soldats présents, leurs pays d’origine et les circonstances exactes de leur mort.
Massacre de Thiaroye : des archives encore attendues
Le gouvernement sénégalais considère que certains documents manquent toujours pour établir complètement les faits.
La coopération de la France sera particulièrement importante, car une partie des archives militaires et coloniales se trouve dans les institutions françaises.
Des contradictions persistent entre plusieurs documents disponibles. Elles concernent notamment le nombre de tirailleurs arrivés au Sénégal et le bilan humain de la répression.
Le bilan officiel français a longtemps fait état de quelques dizaines de morts. D’autres travaux historiques évoquent cependant plusieurs centaines de victimes.
En l’absence d’une liste complète et incontestable, le nombre exact de personnes tuées lors du massacre de Thiaroye continue donc de faire débat.
Massacre de Thiaroye : les fouilles doivent se poursuivre
Les premières fouilles réalisées au cimetière militaire de Thiaroye ont permis de découvrir des restes humains.
Selon les informations présentées par le gouvernement sénégalais, certains restes portaient encore des entraves. Ces découvertes renforcent les interrogations sur les conditions dans lesquelles les victimes ont été tuées et enterrées.
Le nouveau comité devra consolider les résultats de ces premières opérations. Les recherches pourraient également être étendues à d’autres sites susceptibles d’abriter des sépultures.
Cette démarche devra être conduite avec une grande rigueur scientifique. Les archéologues, historiens, médecins légistes et spécialistes de l’identification pourraient être mobilisés.
L’objectif est de réunir des preuves solides, de restituer leur identité aux victimes et d’apporter des réponses aux familles.
Massacre de Thiaroye : établir les faits avant les réparations
Pour Pape Assane Touré, l’établissement des faits doit permettre d’aborder la question des réparations sur des bases sérieuses.
Ces réparations pourraient prendre différentes formes. Elles pourraient concerner la reconnaissance des victimes, la mémoire, la transmission historique ou les droits matériels réclamés par les tirailleurs.
Cependant, aucune mesure précise d’indemnisation n’a encore été annoncée dans le cadre de cette nouvelle étape.
La priorité immédiate reste l’identification des personnes, la collecte des preuves et la clarification des responsabilités.
Le Sénégal souhaite ainsi éviter que la commémoration se limite à une cérémonie symbolique sans prolongement historique ou judiciaire.
Massacre de Thiaroye : une tragédie coloniale africaine
Le 1er décembre 1944, des tirailleurs africains de retour d’Europe ont été tués au camp de Thiaroye, près de Dakar.
Ces soldats avaient participé à la libération de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs avaient également connu la captivité dans les camps allemands.
Après leur retour en Afrique, ils réclamaient le paiement de leurs soldes, primes et indemnités. Leur revendication a été réprimée par l’armée coloniale française.
Les victimes ne venaient pas uniquement du Sénégal. Plusieurs territoires africains placés sous domination française avaient fourni des soldats aux troupes coloniales.
Le massacre de Thiaroye représente ainsi une mémoire partagée par différents peuples d’Afrique de l’Ouest et du continent.
Cette dimension africaine explique la volonté de Dakar d’associer les pays d’origine des tirailleurs aux futures recherches et commémorations.
Massacre de Thiaroye : une commémoration panafricaine
Le Sénégal prévoit de réunir, le 1er décembre 2026, plusieurs chefs d’État et de gouvernement africains.
Les universités, les chercheurs, les historiens et les institutions mémorielles doivent également participer aux différentes activités.
Le président du comité d’organisation, l’historien Mamadou Diouf, souhaite que des manifestations soient organisées dans plusieurs départements sénégalais.
Des initiatives régionales pourraient aussi être préparées dans les pays ayant participé au recrutement des tirailleurs africains.
Dakar entend profiter de sa présidence de la CEDEAO pour renforcer cette mobilisation. L’objectif est de faire du massacre de Thiaroye un enjeu de mémoire panafricaine.
Massacre de Thiaroye : transmettre l’histoire aux jeunes
Le gouvernement veut également améliorer l’enseignement de cette tragédie dans les écoles et les universités.
Pape Assane Touré estime qu’aucun élève sénégalais ne devrait terminer sa scolarité sans connaître les événements du 1er décembre 1944.
La transmission pourra passer par les programmes scolaires, les médias, les productions artistiques, les témoignages et les travaux universitaires.
Cette politique vise à préserver la mémoire des tirailleurs et à lutter contre les récits incomplets ou falsifiés.
Le sujet rejoint les autres enjeux de mémoire, de justice et de coopération qui traversent les relations entre les États africains et leurs anciens partenaires coloniaux.
Les lecteurs peuvent également consulter notre article sur la diplomatie africaine et les relations régionales.
Le massacre de Thiaroye demeure une blessure historique. L’accélération des recherches pourrait désormais permettre de rendre un nom aux victimes, de clarifier les responsabilités et d’offrir aux familles une reconnaissance longtemps attendue.


