Une frappe attribuée aux Forces de soutien rapide a tué 41 personnes déplacées dans la région soudanaise du Nil Bleu.
Une frappe de drone au Soudan a tué 41 personnes déplacées dans la région du Nil Bleu, près de la frontière avec l’Éthiopie. Parmi les victimes figurent huit enfants et de nombreuses femmes, selon le groupe soudanais Emergency Lawyers.
L’attaque s’est produite vendredi 9 octobre 2026 dans la zone d’Abu Shandi. Le drone aurait frappé un rassemblement de civils déplacés par les combats.
Emergency Lawyers attribue l’opération aux Forces de soutien rapide. Toutefois, les FSR n’ont pas répondu aux accusations et aucune enquête indépendante n’avait encore établi les responsabilités.
Frappe de drone au Soudan : des déplacés pris pour cible
Les victimes s’étaient réfugiées dans la zone d’Abu Shandi, située dans l’État du Nil Bleu. Cette région se trouve dans le sud-est du Soudan, près de l’Éthiopie.
Les personnes déplacées avaient fui d’autres secteurs touchés par les affrontements. Elles se trouvaient donc déjà dans une situation de grande vulnérabilité.
La frappe de drone au Soudan a touché leur lieu de rassemblement. Des dizaines d’autres personnes auraient été blessées, selon les premières informations.
Le nombre exact des blessés n’a pas été communiqué. Certains pourraient avoir été transportés vers des structures médicales déjà fragilisées par la guerre.
Le bilan de 41 morts reste également provisoire. Les opérations de recherche et l’identification des victimes pourraient conduire à une nouvelle révision.
Huit enfants et de nombreuses femmes parmi les victimes
Emergency Lawyers affirme que huit enfants figurent parmi les personnes tuées. Le groupe fait également état de nombreuses victimes féminines.
Cette organisation rassemble des avocats qui documentent les violences commises depuis le début de la guerre soudanaise.
Elle recueille des témoignages et des informations auprès des communautés locales. Cependant, l’accès à certaines zones reste extrêmement difficile.
Les chiffres publiés ne peuvent donc pas toujours être vérifiés immédiatement par des observateurs indépendants.
Selon l’Associated Press, les Forces de soutien rapide n’avaient pas répondu à une demande de réaction concernant l’attaque.
Il convient donc de présenter leur responsabilité comme une accusation du groupe Emergency Lawyers, et non comme une conclusion définitive.
Les FSR accusées de la frappe de drone au Soudan
Les Forces de soutien rapide sont une organisation paramilitaire dirigée par le général Mohamed Hamdan Dagalo, plus connu sous le nom d’Hemedti.
Elles affrontent l’armée soudanaise depuis avril 2023. Celle-ci est dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane.
Emergency Lawyers accuse les FSR d’avoir mené la frappe de drone au Soudan contre les déplacés d’Abu Shandi.
Le groupe paramilitaire n’a pas revendiqué l’opération. Il n’a pas davantage présenté d’éléments permettant de rejeter publiquement l’accusation.
Une alliance politique et militaire proche des FSR a contesté cette version. Elle a évoqué une autre origine possible du drone, sans fournir de preuve indépendante.
Dans ce contexte, seule une enquête crédible pourrait déterminer l’auteur de l’attaque. L’identification des appareils et l’analyse des débris pourraient fournir des éléments essentiels.
L’ONU réclame des comptes après l’attaque
Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires s’est déclaré profondément choqué par les informations concernant cette attaque.
Denise Brown, coordinatrice résidente et humanitaire de l’ONU au Soudan, a demandé que les responsables rendent des comptes.
Elle estime que la condamnation des violences ne suffit plus. Selon elle, les violations présumées du droit international humanitaire doivent faire l’objet d’enquêtes.
Le Bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires suit la situation et les besoins des populations déplacées.
Les civils ne doivent jamais être directement pris pour cible. Les parties au conflit doivent également protéger les camps, les hôpitaux et les convois humanitaires.
La frappe de drone au Soudan pourrait ainsi constituer une grave violation du droit de la guerre si le ciblage de civils est confirmé.
Une autre frappe avait déjà tué quatre femmes
L’attaque d’Abu Shandi survient quelques jours après une autre frappe dans la même région.
Mercredi 7 octobre, un drone avait touché des habitations et une mosquée dans le quartier de Hijra, à Damazin.
Au moins quatre femmes avaient été tuées et des dizaines de personnes blessées. Emergency Lawyers avait également attribué cette attaque aux FSR.
Aucune réaction immédiate des paramilitaires n’avait été signalée. Ces incidents témoignent néanmoins d’une intensification des opérations aériennes dans le Nil Bleu.
La région a longtemps été moins médiatisée que le Darfour ou le Kordofan. Elle devient pourtant un nouveau foyer majeur de la guerre.
Les habitants doivent faire face aux combats, aux déplacements et à la destruction progressive des services essentiels.
Frappe de drone au Soudan : une arme de plus en plus utilisée
L’utilisation des drones s’est fortement développée pendant la guerre soudanaise. Les deux camps disposent désormais de capacités aériennes plus importantes.
Ces appareils permettent de frapper à distance des positions militaires. Cependant, leur utilisation dans des zones peuplées provoque de nombreuses victimes civiles.
Selon les Nations unies, les drones ont causé une part très importante des décès civils enregistrés au cours des premiers mois de 2026.
L’ONU avait recensé au moins 1 400 morts parmi les civils pendant le premier semestre. Plus de 1 100 de ces décès auraient été provoqués par des drones.
Ces données montrent que la frappe de drone au Soudan ne constitue pas un événement isolé.
Les drones ont également endommagé des ponts, des routes et des installations électriques. Ces destructions compliquent l’acheminement de l’aide humanitaire.
La plus importante crise de déplacement au monde
La guerre a contraint plus de 12 millions de personnes à abandonner leur logement, selon les estimations des organisations internationales.
Une partie de ces déplacés reste au Soudan. D’autres ont trouvé refuge au Tchad, en Égypte, au Soudan du Sud, en Éthiopie et dans d’autres pays voisins.
Les familles déplacées vivent souvent dans des camps improvisés. Elles manquent de nourriture, d’eau potable, de médicaments et d’abris.
Près de 33,7 millions de personnes auraient besoin d’une assistance humanitaire en 2026. Ce chiffre représente plus des deux tiers de la population soudanaise.
Parmi elles figurent environ 17,3 millions d’enfants. Les Nations unies estiment également que 825 000 enfants sont exposés à une malnutrition aiguë sévère.
La frappe de drone au Soudan aggrave donc une crise humanitaire déjà décrite comme l’une des plus importantes au monde.
Une guerre commencée en avril 2023
Le conflit a éclaté à la suite de tensions prolongées entre l’armée et les Forces de soutien rapide.
Les deux camps avaient participé à la chute du président Omar el-Béchir en 2019. Ils avaient ensuite partagé une partie du pouvoir avant de s’opposer.
Le désaccord concernait notamment l’intégration des FSR dans l’armée régulière. Les tensions ont finalement dégénéré en affrontements ouverts en avril 2023.
La guerre a commencé à Khartoum avant de s’étendre à plusieurs régions. Le Darfour, le Kordofan et le Nil Bleu sont particulièrement touchés.
Selon l’observatoire ACLED, au moins 150 000 personnes auraient perdu la vie. Les organisations humanitaires estiment que le bilan réel pourrait être beaucoup plus élevé.
Les difficultés d’accès empêchent de documenter tous les décès. De nombreuses victimes sont enterrées sans être enregistrées.
Les convois humanitaires également attaqués
Les personnes déplacées ne sont pas les seules exposées. Les travailleurs humanitaires et les convois d’aide sont également confrontés aux attaques.
Quelques jours avant la frappe d’Abu Shandi, deux camions du Programme alimentaire mondial avaient été touchés dans le Kordofan du Sud.
Un conducteur avait été tué. Les véhicules transportaient de l’aide destinée aux populations vulnérables.
Les Nations unies dénoncent régulièrement les attaques contre les infrastructures humanitaires. Ces opérations empêchent les organisations d’atteindre les communautés isolées.
La destruction des routes et des ponts augmente également les délais de livraison. Certains secteurs restent ainsi privés de nourriture pendant plusieurs semaines.
Frappe de drone au Soudan : l’urgence d’une enquête indépendante
Une enquête indépendante permettrait de déterminer l’origine du drone, la cible visée et les circonstances précises de l’attaque.
Elle devrait également établir si des combattants se trouvaient à proximité du rassemblement. Cette question ne retire toutefois pas aux belligérants leur obligation de protéger les civils.
Les auteurs d’éventuelles violations doivent pouvoir être identifiés et poursuivis. Sans responsabilité judiciaire, les attaques risquent de se multiplier.
La communauté internationale continue d’appeler à un cessez-le-feu. Cependant, les négociations n’ont pas encore permis d’arrêter durablement les combats.
La frappe de drone au Soudan rappelle ainsi la vulnérabilité extrême des populations déplacées. Ces dernières fuient les combats, mais restent exposées même dans leurs zones de refuge.
Ce nouveau drame intervient alors que d’autres crises africaines provoquent également des pertes humaines. Retrouvez notre article sur le naufrage de migrants à Djibouti ayant fait au moins 139 morts.
Info Côte d’Ivoire continuera de suivre les réactions internationales et l’évolution du bilan au Soudan.


