Le Sénat ivoirien adopte le projet de loi relatif au don américain destiné au secteur de l’énergie.
Le don américain destiné au secteur de l’énergie franchit une nouvelle étape en Côte d’Ivoire. Le Sénat a adopté, jeudi 5 novembre 2026 à Yamoussoukro, un projet de loi autorisant la ratification des accords conclus avec les États-Unis dans le cadre du Programme compact régional pour l’énergie.
D’un montant de 300 millions de dollars, soit environ 182 milliards de FCFA selon l’Agence ivoirienne de presse, ce don américain doit contribuer à moderniser le réseau électrique ivoirien et à améliorer la fourniture d’électricité. Agence Ivoirienne de Presse
Un don américain pour moderniser le réseau électrique
Le don américain est accordé par le Millennium Challenge Corporation (MCC), une agence du gouvernement des États-Unis. Il doit financer plusieurs investissements dans les infrastructures, les équipements et les outils techniques du secteur de l’électricité.
L’objectif principal du don américain est de rendre le réseau ivoirien plus fiable et plus performant. Le programme doit notamment contribuer à réduire les interruptions de fourniture d’électricité, dont la durée moyenne a été estimée à environ 18 heures lors de la présentation du projet devant les sénateurs.
Le financement prévoit également le développement de solutions de stockage de l’énergie. Des batteries pourraient ainsi être utilisées pour accompagner les sources d’énergie renouvelable et conventionnelle.
Trois axes pour le programme énergétique
Le don américain repose sur trois principaux axes.
Le premier concerne le renforcement du marché régional de l’électricité de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La Côte d’Ivoire souhaite accroître sa participation aux échanges d’électricité avec les autres pays de la sous-région.
Le deuxième axe porte sur la modernisation du réseau électrique national. Les investissements doivent permettre d’améliorer le fonctionnement des lignes, des équipements et des infrastructures nécessaires à la distribution de l’électricité.
Le troisième axe concerne le renforcement des capacités des acteurs ivoiriens du secteur. Il s’agit notamment d’améliorer leurs capacités réglementaires, financières et opérationnelles.
La Côte d’Ivoire veut renforcer son rôle régional
Grâce à ce don américain, la Côte d’Ivoire ambitionne de consolider sa position de puissance énergétique en Afrique de l’Ouest.
Le pays participe déjà aux échanges d’électricité avec plusieurs États de la région. La modernisation du réseau doit lui permettre d’accroître la quantité d’électricité exportée et de participer davantage au mécanisme régional appelé « Day-Ahead », qui permet d’organiser les échanges quotidiens d’électricité.
Selon le portail officiel du gouvernement ivoirien, le programme vise également à faire de la Côte d’Ivoire un véritable hub énergétique régional.
Cette ambition rejoint les projets déjà engagés dans le domaine des énergies renouvelables. Info Côte d’Ivoire avait notamment présenté le projet de centrale solaire de Tongon, qui doit contribuer à diversifier la production électrique nationale.
Un financement accordé sous forme de don
Le don américain ne constitue pas un prêt classique. La Côte d’Ivoire n’aura donc pas à rembourser les 300 millions de dollars accordés par le MCC.
Toutefois, le programme prévoit également une contribution ivoirienne de 22,5 millions de dollars. Le financement global du programme atteint ainsi environ 322,5 millions de dollars, en prenant en compte la contrepartie nationale.
Les documents gouvernementaux ont précédemment évalué la valeur du don à environ 171,65 milliards de FCFA, selon le taux de change utilisé. L’AIP l’estime pour sa part à près de 182 milliards de FCFA dans le compte rendu de l’adoption par le Sénat.
Pourquoi l’autorisation du Parlement était nécessaire
L’accord de don américain a été signé le 16 septembre 2025 entre la Côte d’Ivoire et les États-Unis, par l’intermédiaire du MCC. Un accord de mise en œuvre a ensuite été signé le 16 avril 2026.
La ratification par le Parlement était nécessaire en raison de certaines dispositions particulières prévues dans les accords. Celles-ci concernent notamment les exonérations fiscales ainsi que des règles relatives à l’exécution des contrats de travail.
L’article 120 de la Constitution ivoirienne exige une autorisation parlementaire lorsque les accords internationaux comportent des dispositions qui modifient le droit interne.
Après l’adoption du projet de loi par le Sénat, le processus de ratification du don américain franchit donc une nouvelle étape institutionnelle.
Des résultats attendus pour les populations
Au-delà des objectifs régionaux, le don américain doit produire des effets directs sur la qualité du service électrique en Côte d’Ivoire.
La modernisation des infrastructures pourrait contribuer à réduire les pannes, à améliorer la stabilité du réseau et à accompagner la croissance de la demande en électricité.
Les secteurs industriel, numérique et des services pourraient également bénéficier d’une fourniture d’électricité plus régulière. Pour les ménages, l’enjeu sera surtout de constater une amélioration concrète de la continuité du service.
Le don américain représente ainsi une opportunité importante pour le secteur énergétique ivoirien. Sa réussite dépendra toutefois de la bonne exécution des travaux, du respect du calendrier et de la transparence dans la gestion du programme.
À retenir
- Le Sénat ivoirien a adopté le projet de loi relatif au don américain.
- Le financement s’élève à 300 millions de dollars.
- Le montant est estimé à environ 182 milliards de FCFA.
- Le programme doit moderniser le réseau électrique national.
- Des solutions de stockage de l’énergie sont prévues.
- La Côte d’Ivoire veut renforcer sa place sur le marché régional de l’électricité.
- Le programme comprend également une contribution ivoirienne de 22,5 millions de dollars.
RÉSUMÉ DE L’ACTUALITÉ
À retenir : le Sénat ivoirien a autorisé la ratification d’un don américain de 300 millions de dollars, destiné au financement du Programme compact régional pour l’énergie. Ce financement doit moderniser le réseau électrique, améliorer la fourniture d’électricité et renforcer la participation de la Côte d’Ivoire au marché régional de l’énergie.


