L’ANC affronte la colère d’une partie des électeurs avant les élections municipales du 4 novembre 2026.
Municipales sud-africaines : l’ANC affronte une forte colère populaire avant le scrutin du 4 novembre 2026. À Johannesburg et dans plusieurs townships, les difficultés d’accès à l’eau, à l’électricité et à l’assainissement dominent la campagne électorale.
Municipales sud-africaines : les services publics au centre
À moins de deux semaines du scrutin, plusieurs électeurs menacent de sanctionner le Congrès national africain, plus connu sous le sigle ANC.
Le parti historique de Nelson Mandela dirige l’Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid. Toutefois, son influence électorale diminue régulièrement depuis plusieurs années.
Les habitants de certains quartiers dénoncent principalement les défaillances des services municipaux. Les coupures d’électricité, les pénuries d’eau et l’accumulation des déchets alimentent leur mécontentement.
Dans le township de Katlehong, situé près de Johannesburg, environ 180 ménages dépendent de branchements électriques illégaux depuis plus de vingt ans.
Ces installations improvisées représentent un danger pour les familles. Cependant, les habitants affirment ne disposer d’aucune autre solution pour alimenter leurs logements.
Selon un reportage publié par Africanews, plusieurs résidents ont adopté le slogan : « Pas d’électricité, pas de vote ».

Municipales sud-africaines : la colère gagne Johannesburg
La situation est également difficile dans le township d’Alexandra. Des ordures non ramassées s’accumulent dans certaines rues tandis que des eaux usées circulent près des habitations.
Plusieurs résidents affirment également ne pas disposer d’un accès régulier à l’eau courante. Ils doivent parfois utiliser des robinets collectifs pour leurs besoins quotidiens.
Cette situation contraste avec les immeubles modernes de Sandton, visibles depuis Alexandra. Sandton constitue l’un des principaux quartiers financiers et commerciaux du continent africain.
Cette proximité met en évidence les profondes inégalités qui persistent dans la métropole. Une partie de la population estime que les promesses formulées après l’apartheid n’ont pas produit les changements attendus.
Les municipales sud-africaines deviennent ainsi un référendum local sur la capacité des autorités à fournir les services essentiels.
Municipales sud-africaines : Johannesburg devient l’enjeu majeur
La bataille politique sera particulièrement intense à Johannesburg. La ville compte plus de 4,8 millions d’habitants et représente le principal moteur économique du pays.
La métropole a connu plusieurs changements de majorité et de maire. Les coalitions municipales successives ont parfois rencontré des difficultés à maintenir une administration stable.
Aucun parti ne semble actuellement assuré d’obtenir seul la majorité. De nouvelles négociations entre formations politiques pourraient donc être nécessaires après le scrutin.
Les coalitions permettent à plusieurs partis de partager le pouvoir. Toutefois, leur fragilité peut provoquer des changements fréquents de dirigeants et ralentir certaines décisions municipales.
Pour les habitants, la question centrale reste concrète. Ils attendent des routes entretenues, un ramassage régulier des déchets et un meilleur accès à l’eau et à l’électricité.
Municipales sud-africaines : le recul historique de l’ANC
L’ANC avait recueilli près de 70 % des suffrages nationaux en 2004. Cette période représentait l’un des sommets de sa domination politique.
Lors des élections municipales de 2021, le parti est tombé sous la barre des 50 % pour la première fois. Il avait alors obtenu environ 46 % des voix.
Aux élections nationales de 2024, son résultat a encore diminué. Avec un peu plus de 40 % des suffrages, l’ANC a perdu sa majorité parlementaire.
Cette défaite l’a contraint à former un gouvernement de coalition. Le parti demeure la première force politique nationale, mais il ne peut plus gouverner seul.
Les municipales sud-africaines du 4 novembre permettront donc de mesurer l’évolution de son soutien deux ans après ce tournant historique.
Plusieurs sondages récents indiquent que le parti reste en difficulté. Cependant, les résultats peuvent varier selon les instituts, les zones étudiées et le niveau attendu de participation.
Municipales sud-africaines : l’ANC reconnaît des erreurs
Le responsable électoral de l’ANC, Mdumiseni Ntuli, a reconnu que les habitants avaient des raisons d’être mécontents.
Il a admis que le parti avait commis des erreurs. Toutefois, il considère que l’ANC demeure la meilleure option pour administrer les municipalités.
Le parti compte encore sur son histoire et son implantation nationale. De nombreux électeurs restent attachés au mouvement qui a joué un rôle central dans la lutte contre l’apartheid.
Certains habitants critiquent ouvertement l’état des services publics tout en déclarant qu’ils pourraient encore voter pour l’ANC.
Cet attachement historique pourrait limiter les pertes du parti. Cependant, les nouvelles générations entretiennent souvent un rapport différent avec les mouvements de libération.
Leur choix dépend davantage de l’emploi, du logement, de la sécurité et de la qualité des services publics.
L’opposition veut profiter du recul de l’ANC
La Democratic Alliance, appelée DA, cherche à renforcer sa présence dans les grandes villes. Elle dirige déjà Le Cap, la deuxième ville du pays.
La formation libérale concentre sa campagne sur les accusations de mauvaise gestion et de corruption visant certaines municipalités dirigées par l’ANC.
Helen Zille, candidate à la mairie, avertit qu’une nouvelle période d’infrastructures dégradées pourrait rendre le redressement de Johannesburg plus difficile.
ActionSA espère également progresser. Son dirigeant, Herman Mashaba, veut retrouver la mairie de Johannesburg en dénonçant l’irrégularité du ramassage des déchets et le mauvais éclairage public.
Le parti uMkhonto weSizwe de l’ancien président Jacob Zuma participera, pour sa part, à ses premières élections municipales. Il pourrait retirer des voix à l’ANC dans certaines provinces.
La multiplication des candidatures rend le résultat encore plus incertain. Elle augmente également la possibilité de conseils municipaux sans majorité claire.
Municipales sud-africaines : un test avant 2029
Le scrutin concernera 257 conseils municipaux. Les électeurs devront choisir les responsables chargés des services publics de proximité.
La participation représente un autre enjeu majeur. Les élections municipales mobilisent généralement moins d’électeurs que les scrutins nationaux.
Une forte abstention pourrait particulièrement fragiliser l’ANC. Elle compliquerait également l’interprétation du rapport de force politique à l’échelle nationale.
Les analystes considèrent le vote du 4 novembre comme un test avant les élections générales de 2029. Les résultats montreront les régions où chaque parti conserve ou gagne du terrain.
Toutefois, les enjeux municipaux ne se résument pas aux ambitions nationales. Les habitants attendent surtout une amélioration rapide de leur quotidien.
Après l’effondrement d’un immeuble à Nairobi, cette nouvelle actualité rappelle également l’importance d’une gouvernance locale efficace dans les grandes métropoles africaines.
Info Côte d’Ivoire suivra les résultats des municipales sud-africaines ainsi que les futures négociations pour le contrôle de Johannesburg.


