La quatrième édition du Salon des collectivités territoriales s’est achevée avec un plaidoyer en faveur du transfert de 20 % des ressources nationales.
Salon des collectivités : la quatrième édition s’est achevée le samedi 17 octobre 2026 au Parc des expositions d’Abidjan. Les participants ont demandé une accélération du transfert des compétences et des ressources vers les territoires.
Parmi les principales recommandations figure le transfert de 20 % des ressources nationales aux collectivités territoriales. Cette proposition vise à renforcer leur autonomie et leur capacité à financer le développement local.
Le rendez-vous s’est déroulé du jeudi 15 au samedi 17 octobre. Il a réuni des élus, des représentants de l’État, des partenaires au développement, des entreprises et des délégations étrangères.
Salon des collectivités : un plaidoyer pour 20 %
Le Salon des collectivités recommande de relever à 20 % la part des ressources nationales transférées aux collectivités territoriales.
Cette proposition a été présentée au nom du comité scientifique par Gervais Coulibaly. Elle se réfère notamment aux orientations communautaires évoquées par les participants.
Selon l’Agence ivoirienne de presse, le transfert demandé doit accompagner les compétences exercées localement.
Toutefois, ce taux de 20 % reste actuellement une recommandation. Il ne s’agit pas encore de l’annonce d’un nouveau budget automatiquement attribué aux communes et aux régions.
Sa mise en œuvre éventuelle nécessiterait des décisions gouvernementales, des textes adaptés et des mécanismes de contrôle.
Salon des collectivités : pourquoi réclamer plus de ressources ?
Le Salon des collectivités a placé l’efficacité des territoires au cœur de ses échanges. Les communes et les régions interviennent dans plusieurs domaines directement liés à la vie quotidienne.
Elles participent notamment à l’entretien des voies locales, à l’assainissement, aux équipements collectifs et au développement économique.
Cependant, une compétence supplémentaire nécessite généralement du personnel, du matériel et un financement durable. Sans moyens suffisants, une collectivité peut difficilement répondre aux besoins des populations.
Les participants souhaitent donc que le transfert des responsabilités soit accompagné des ressources correspondantes. Cette condition est présentée comme indispensable à une décentralisation véritablement efficace.
Une fonction publique territoriale recommandée
Le Salon des collectivités a également recommandé la mise en place d’une fonction publique territoriale.
Un tel dispositif pourrait permettre de mieux organiser les carrières des agents travaillant pour les communes, les régions et les districts.
Il pourrait aussi renforcer la formation, la stabilité et la spécialisation du personnel local. Les collectivités ont besoin de compétences en finances, urbanisme, assainissement et gestion de projets.
Toutefois, la création de ce cadre nécessite une préparation juridique et administrative. Les responsabilités entre l’État central et les collectivités devront être clairement définies.
La gestion des recrutements devra également respecter des règles transparentes. L’objectif doit être de renforcer les services publics locaux sans créer de dépenses incontrôlées.
Salon des collectivités : le statut des élus en débat
Le Salon des collectivités recommande aussi une révision du statut des élus locaux. Cette question concerne les conditions dans lesquelles les maires et les responsables régionaux exercent leurs fonctions.
Les participants souhaitent notamment que les actes déjà préparés soient signés. Cependant, les détails de ces documents devront être rendus publics pour permettre une bonne compréhension.
La clarification du statut peut renforcer la responsabilité des élus. Elle peut également préciser leurs droits, leurs obligations et les mécanismes de contrôle.
L’autonomie locale doit en effet s’accompagner d’une gouvernance rigoureuse. Les ressources transférées doivent être utilisées pour des projets répondant aux besoins réels des habitants.
Le Sénat présenté comme défenseur des territoires
Les recommandations du Salon des collectivités reconnaissent également le rôle du Sénat dans la défense des intérêts territoriaux.
La présidente du Sénat, Kandia Camara, assurait le haut patronage de cette quatrième édition. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, en était le parrain.
L’événement était coprésidé par Eugène Aka Aouélé, président de l’Assemblée des régions et districts de Côte d’Ivoire, et Amadou Koné, président de l’Union des villes et communes de Côte d’Ivoire.
Ces différentes institutions représentent des acteurs essentiels du processus de décentralisation. Leur coordination peut faciliter la transformation des recommandations en décisions concrètes.
Toutefois, les prochaines étapes devront être suivies avec attention. La clôture d’un salon ne suffit pas à garantir l’application des propositions formulées.
Trois journées consacrées au développement local
Le Salon des collectivités s’est tenu autour du thème de la décentralisation renforcée et du transfert des compétences.
Le Parc des expositions d’Abidjan a accueilli les activités pendant trois journées.
Des échanges ont notamment porté sur le financement, l’innovation et l’autonomie des territoires. Les participants ont également partagé différentes expériences de gouvernance locale.
Le Programme des Nations unies pour le développement a profité du Salon pour présenter des solutions liées à l’investissement local, à l’innovation et à la transition écologique.
Ces échanges doivent permettre aux collectivités de transformer les projets locaux en actions concrètes au bénéfice des populations.
Salon des collectivités : une prochaine édition en 2028
La commissaire générale du Salon des collectivités, Pendra Dramera, a remercié les partenaires et les équipes mobilisées.
Elle a également annoncé le dîner de gala baptisé « La Nuit du territoire ». Plusieurs distinctions devaient y être attribuées.
Parmi elles figuraient le prix de la collectivité préférée des Ivoiriens, dans les catégories commune et région. Des récompenses étaient également prévues pour le plus beau stand et la meilleure animation culturelle.
La prochaine édition du rendez-vous est annoncée pour 2028. Les organisateurs disposent donc de deux années pour évaluer les résultats de cette quatrième édition.
Des ressources locales à utiliser avec transparence
L’augmentation des ressources réclamée par le Salon des collectivités pourrait renforcer les investissements de proximité.
Elle pourrait soutenir la construction d’écoles, l’amélioration des routes locales et la réalisation d’ouvrages d’assainissement. Elle pourrait aussi accompagner les projets économiques des régions.
Cependant, davantage de ressources implique davantage de responsabilités. Les budgets locaux doivent faire l’objet d’un suivi précis et accessible.
Les populations doivent pouvoir connaître les projets financés, les montants engagés et l’état d’avancement des travaux.
La participation citoyenne peut aussi améliorer les choix. Les habitants connaissent les difficultés quotidiennes de leurs quartiers, villages et communes.
Info Côte d’Ivoire présente un exemple de projet territorial dans son article consacré aux 1 520 logements sociaux lancés à Bouaké.
Salon des collectivités : les décisions désormais attendues
Le Salon des collectivités se termine donc par plusieurs recommandations importantes. Le transfert de 20 % des ressources nationales constitue la proposition la plus marquante.
La création d’une fonction publique territoriale et la révision du statut des élus figurent également parmi les priorités présentées.
Les prochains mois permettront de savoir si ces propositions seront étudiées, adoptées ou intégrées progressivement dans les politiques publiques.
La réussite de la décentralisation dépendra finalement de trois éléments : des compétences clairement transférées, des ressources suffisantes et un contrôle rigoureux de leur utilisation.
Info Côte d’Ivoire suivra les décisions prises après le Salon ainsi que les éventuelles réformes concernant les communes, les régions et les districts.


