Le capitaine Boualem Khoukhi exulte après avoir offert un point historique au Qatar.
L’obtention du tout premier point du Qatar en Coupe du monde 2026 restera gravée comme l’un des plus grands exploits du football asiatique. Pour leur entrée en lice dans le Groupe B du Mondial 2026, les champions d’Asie en titre ont bousculé tous les pronostics en arrachant un match nul inespéré (1-1) face à la Suisse. Sur la pelouse californienne du Levi’s Stadium de Santa Clara, le scénario a tenu les spectateurs en haleine jusqu’aux ultimes secondes du temps additionnel. Totalement dominés et acculés sur leur but pendant la majeure partie de la rencontre, les hommes de Julen Lopetegui ont fait preuve d’une résilience héroïque pour débloquer leur compteur historique dans la plus prestigieuse des compétitions.
Ce résultat efface d’un coup les douloureux fantômes de l’édition 2022. À domicile, la sélection qataenne avait quitté son tournoi par la petite porte après avoir concédé trois défaites consécutives, terminant la phase de poules avec un triste bilan de zéro point. Quatre ans plus tard, le visage affiché est transfiguré par le courage collectif.
La domination stérile de la Nati et le sauvetage d’Abunada
Le plan de jeu helvétique semblait pourtant s’appliquer à la perfection dès l’entame du match. Contrôlant le cuir à près de 70 %, la formation suisse a imposé un rythme d’enfer à la défense adverse. Le verrou qatarien a sauté dès la 17e minute de jeu lorsque l’attaquant Breel Embolo a transformait un penalty avec sang-froid. La sentence avait été accordée suite à une faute commise par le gardien Mahmoud Abunada, coupable d’une sortie non maîtrisée dans les pieds de Remo Freuler.
Devant au tableau d’affichage, la Nati a multiplié les vagues offensives pour tuer le match. Portée par un Granit Xhaka impérial au milieu de terrain, la Suisse a accumulé un total stratosphérique de 27 tirs au cours des 90 minutes. Cependant, le manque d’efficacité clinique et les interventions décisives de Mahmoud Abunada ont laissé le Qatar en vie. Multipliant les parades réflexes sur sa ligne, le portier qatarien s’est mué en héros inattendu, repoussant pas moins de sept tentatives cadrées pour éviter le naufrage des siens.
Le coup de casque libérateur de Boualem Khoukhi |Coupe du monde
La tactique de résistance globale du Qatar a fini par porter ses fruits dans les arrêts de jeu. Alors que le corps arbitral s’apprêtait à siffler la fin des débats, les joueurs du Golfe ont jeté leurs dernières forces dans la bataille sur un ultime coup de pied arrêté. À la 90e+4 minute, sur un centre parfaitement ajusté, le capitaine et défenseur Boualem Khoukhi a surgi au second poteau pour catapulter le ballon de la tête au fond des filets de Gregor Kobel.
L’égalisation a provoqué des scènes de liesse indescriptibles sur le banc qatarien et dans les tribunes. Ce but in extremis valide une quête entamée il y a plusieurs années pour hisser le pays au niveau de l’élite mondiale. En s’isolant intelligemment face au latéral Miro Muheim, Khoukhi a puni l’excès de confiance des Européens, incapables de concrétiser leur outrageuse supériorité technique.
Un Groupe B totalement relancé pour la suite du Mondial
La quête de ce premier point du Qatar en Coupe du monde redistribue complètement les cartes au sein du Groupe B. Suite au match nul concédé la veille sur le même score (1-1) entre le Canada et la Bosnie-Herzégovine, les quatre nations se retrouvent à parfaite égalité avec une unité chacune. La déception est immense pour la Suisse, qui pensait avoir validé une entame idéale avant de voir ses certitudes voler en éclats sur le gong.
Pour le Qatar, ce résultat sonne comme une immense victoire psychologique. Les champions d’Asie se déplaceront à Vancouver pour affronter le Canada lors de la deuxième journée avec une confiance décuplée. La route vers les seizièmes de finale reste longue, mais la sélection qatarienne a prouvé qu’elle avait désormais sa place dans la cour des grands.


