Action Ma Fondation après le déguerpissement Abidjan
Déguerpissement Abidjan: Le spectre d’une année blanche s’éloigne pour des centaines d’adolescents ivoiriens. À Abidjan, les récentes opérations d’aménagement urbain et de démolition de quartiers précaires ont provoqué un séisme social silencieux. Au-delà des pertes matérielles et du traumatisme du déracinement, une crise invisible menaçait de briser l’avenir de la jeunesse locale : la destruction des archives personnelles.
Dans les décombres des habitations de fortune, des dizaines de futurs diplômés ont vu leurs espoirs s’envoler avec la perte de leurs documents scolaires essentiels. À quelques jours seulement du coup d’envoi des épreuves nationales, une véritable course contre la montre s’est engagée pour arracher ces élèves à l’exclusion administrative et sauver leur scolarité.
L’ACTION : Un bouclier juridique et financier sur le terrain
Face au désarroi profond des foyers touchés dans les communes de Koumassi et de Port-Bouët, une réponse humanitaire structurée s’est mise en place. L’organisation citoyenne « Ma Fondation » a déployé une cellule d’aide d’urgence pour faire face à cette détresse logistique. L’objectif de cette task-force est limpide : centraliser, piloter et financer intégralement la réédition des pièces officielles indispensables pour franchir le seuil des centres d’examen.
Le déploiement logistique a suivi un calendrier rigoureux. L’opération coup de poing a amorcé sa trajectoire le jeudi 11 juin au cœur du quartier Campement à Koumassi, une zone durement impactée. Le dispositif a ensuite migré pour s’installer jusqu’au samedi 13 juin au sein de l’hôtel de ville de Port-Bouët. Sur place, la mission ne se limite pas à un simple guichet d’information. Les équipes assurent une prise en charge globale, allant du secrétariat juridique pointu et du remplissage des formulaires réglementaires jusqu’à l’obtention finale des précieux récépissés de substitution.
LES CHIFFRES : Un impact mesurable en temps réel
L’évaluation des besoins sur le terrain met en lumière l’ampleur de la crise et l’efficacité de la réponse humanitaire :
- 300 candidats ont été formellement recensés en situation critique lors de la phase initiale d’identification dans les deux communes.
- 106 dossiers d’élèves ont déjà été régularisés avec succès, permettant à ces derniers de récupérer leurs droits civiques scolaires.
- 194 procédures administratives complémentaires sont actuellement en cours de finalisation sous l’aile de l’association.
LA SÉCURISATION : Un protocole strict contre la fraude
Pour garantir la totale transparence de cette chaîne de solidarité et faire barrage aux opportunistes, la direction de la structure a verrouillé sa méthode d’attribution. L’aide n’est pas distribuée au hasard. Chaque demande fait l’objet d’un audit minutieux.
Les équipes de terrain croisent systématiquement l’historique des convocations officielles perdues avec le registre informatique national avant de débloquer les fonds de roulement. Ce mécanisme d’enregistrement systématique permet de valider la situation réelle de chaque sinistré et assure un suivi rigoureux du budget, entièrement pris en charge par les fonds propres de l’ONG.
LA VOIX : L’engagement d’une présidente
« Nous faisons office de passerelle entre l’administration publique et ces adolescents traumatisés par les pelleteuses. Notre priorité absolue est d’effacer l’impact logistique du sinistre pour qu’ils se concentrent uniquement sur leurs révisions. Aucun enfant ne doit voir son avenir sacrifié à cause d’une fatalité matérielle. Nous soulageons les parents d’un poids financier et psychologique immense à un moment charnière de la vie de leurs enfants. »
— Aïssata Camara, Présidente de « Ma Fondation »
Cette opération d’envergure ne constitue pas une action isolée pour l’organisation. Active depuis 2012 dans le paysage humanitaire ivoirien, cette structure associative s’est forgé une solide réputation dans la protection de l’enfance vulnérable, le support médical de proximité et la continuité pédagogique au sein des banlieues défavorisées du district d’Abidjan.
En intervenant directement sur le front de l’accès aux examens, elle rappelle que le droit à l’éducation reste un combat de chaque instant, particulièrement lorsque les crises urbaines viennent bousculer les équilibres sociaux des populations les plus fragiles. L’appel reste ouvert aux autres élèves sinistrés de la capitale économique qui se trouveraient dans la même impasse administrative.


