
La sphère religieuse s’invite de nouveau dans le débat de la réconciliation nationale. Le samedi 6 juin 2026, depuis la chaire du Centre Missionnaire de la Parole Révélée (CMPR) à Cocody-Angré, le prophète Jean-Pierre Zoungrana a brisé le silence. Face à sa communauté, le guide spirituel a officiellement exhorté le Chef de l’État, Alassane Ouattara, à accorder une grâce présidentielle aux citoyens incarcérés suite aux contestations électorales de 2025. Une sortie médiatique forte qui lie la spiritualité à l’apaisement républicain.
UN PLAIDOYER POUR LA GRÂCE
C’est dans l’effervescence spirituelle de la « Grande fête à l’Éternel » que ce message à forte résonance politique a été délivré. Devant une assemblée de fidèles recueillis, le prophète-messager Jean-Pierre Zoungrana a choisi d’orienter son homélie vers l’avenir de la cohésion nationale. Pour le leader religieux, la véritable stabilité de la Côte d’Ivoire ne peut faire l’économie d’un pardon réciproque et d’un geste d’apaisement au sommet de l’État.
Le cœur de son intervention repose sur une analogie spirituelle directe adressée au Président Alassane Ouattara. Évoquant la providence divine qui a guidé le parcours du chef de l’État, le prophète l’invite à refléter cette miséricorde à l’échelle de la nation. Cet appel à la clémence vise spécifiquement les manifestants arrêtés pour avoir bravé les interdictions de rassemblement lors du scrutin présidentiel de 2025, un scrutin dont les braises mémorielles restent encore sensibles dans l’opinion publique.
LE DIALOGUE PLUS FORT QUE LA RIGUEUR
Pour Jean-Pierre Zoungrana, la justice républicaine a fait son œuvre, mais l’heure est désormais à la reconstruction du tissu social. Le maintien en détention de ces acteurs politiques ou de la société civile ne doit pas, selon lui, occulter l’impératif de paix durable. Le messager insiste sur le fait que la force d’une nation se mesure à sa capacité à transcender ses crises par la voie du pardon plutôt que par celle de la punition continue.
Le guide du CMPR invite les gouvernants à adopter une posture de souplesse politique. En demandant au pouvoir exécutif de faire preuve de flexibilité, le prophète espère déclencher un effet domino qui amènera l’ensemble des forces vives du pays à abandonner les discours de confrontation. Le dialogue et l’entente cordiale sont présentés comme les seuls remparts efficaces contre les spectres des divisions passées.
UN SOUFFLE DE DISCERNEMENT REQUIS
L’allocution prophétique s’est conclue par des intentions de prière nourries à l’endroit des décideurs ivoiriens et sous-régionaux. Jean-Pierre Zoungrana a imploré la sagesse divine pour qu’elle guide les pas des leaders politiques, leur accordant le discernement nécessaire pour décoder les aspirations profondes des peuples. Le message est clair : la cohésion nationale dépasse les clivages partisans et nécessite des actes de courage politique.
Cette sortie, bien que spirituelle, résonne comme un signal d’alarme dans un paysage politique ivoirien en quête permanente d’équilibre. En liant le concept théologique de la grâce divine à la libération de prisonniers d’opinion ou de manifestants politiques, le prophète Jean-Pierre Zoungrana pose un acte fort qui remet la sacralité du pardon au centre de la gouvernance ivoirienne.


