
Abidjan, Koumassi – Le scandale foncier de Koumassi « Campement » prend une tournure communautaire et officielle. Quelques jours après la démolition brutale du quartier par les bulldozers le 3 juin 2026, le chef du village est sorti du silence. Lors d’une déclaration solennelle, l’autorité traditionnelle a fait de graves révélations sur les dessous de cette affaire, balayant la thèse d’une procédure légale et demandant justice pour les centaines de familles aujourd’hui sans abri en pleine saison des pluies.
Résumé en 3 points clés:
Révélations du chef : L'autorité traditionnelle dénonce une opération clandestine menée sans notification préalable ni présentation d'un véritable ordre de justice.
Appel aux autorités : Le chef du village exige l'ouverture immédiate d'une enquête et demande justice face à ce qu'il qualifie de spoliation foncière illégale.
Urgence humanitaire : Les notables locaux alertent sur la situation de détresse extrême des populations locales qui dorment désormais à la belle étoile sous les intempéries.
Les graves accusations de l’autorité traditionnelle.
Face à la presse et devant une assemblée de notables révoltés, le chef du village de Koumassi Campement a mis à nu les méthodes employées pour raser le quartier. Selon ses déclarations, l’opérateur privé Alloui Brou Jacques a agi dans l’illégalité la plus totale. Le chef affirme qu’aucune autorité villageoise ni aucun habitant n’a reçu de mise en demeure ou de préavis de déguerpissement avant l’arrivée matinale des engins de chantier escortés par les forces de l’ordre.
Plus grave encore, le garant des traditions locales a révélé que les exécutants de la démolition ont été incapables de brandir le moindre document juridique officiel signé par un magistrat pour justifier la destruction de la parcelle stratégique de 24 328 m². Pour la chefferie, cette précipitation prouve que l’opérateur tente de s’emparer du site par la force, au mépris des décisions passées de la Cour d’appel et du Conseil d’État qui lui étaient pourtant défavorables.
La complicité des autorités locales pointée du doigt.
Le chef du village ne s’est pas arrêté là. Il a publiquement exprimé son indignation face à l’attitude de la municipalité de Koumassi, dirigée par le RHDP. Le communiqué de la mairie se proclamant simple « témoin » de l’opération a été qualifié d’hypocrite par la chefferie.
Comment des bulldozers peuvent-ils traverser notre commune et détruire des vies sans que la municipalité ne vérifie la légalité des papiers ? », s’est insurgé l’un des notables du village.
La chefferie pointe du doigt un réseau d’intérêts et de protections occultes qui permettrait à Alloui Brou Jacques de contourner le système judiciaire ivoirien. Les chefs locaux rappellent que ce terrain abritait non seulement des habitations, mais aussi des infrastructures communautaires et le Ministère Évangélique Grâce et Merveilles, aujourd’hui entièrement réduits en poussière.
Le cri du cœur pour sauver les sinistrés.
Au-delà de la bataille juridique, c’est un véritable appel au secours que lance le chef du village au président de la République et au gouvernement ivoirien. Les tonnes de gravats qui bloquent désormais les canaux de drainage font craindre des inondations massives et meurtrières au premier pic de pluie annoncé dans le District d’Abidjan.

La chefferie exige l’arrêt immédiat de toute tentative d’occupation du site par l’opérateur privé, la production publique de la prétendue décision de justice, et un dédommagement intégral pour toutes les familles victimes. Pour le village, l’État de droit en Côte d’Ivoire se joue aujourd’hui sur les ruines de Koumassi Campement.
Pour Info Côte d’Ivoire, le suivi de cette crise foncière et des réclamations de la chefferie reste une priorité absolue.


