Abidjan, le 4 juin 2026 – Invité d’honneur de la deuxième édition des « Grands Rendez-vous » de l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP) ce jeudi, le président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG), Épiphane Zoro Bi Ballo, a dressé un bilan sans concession mais résolument tourné vers l’avenir sur l’état de la corruption en Côte d’Ivoire. Entre constats financiers alarmants et avancées institutionnelles majeures, le patron de la lutte anti-corruption a tracé la feuille de route d’un État en pleine mutation.

Un gouffre financier pour le développement national
L’annonce phare de cette rencontre réside dans l’estimation de l’impact macroéconomique du phénomène. Selon Zoro Bi Ballo, la corruption et ses ramifications coûtent indirectement à l’État ivoirien entre 1 300 et 1 400 milliards de FCFA chaque année.
Ce manque à gagner colossal représente une part significative du budget national qui échappe aux investissements prioritaires. « Ce sont des ressources précieuses qui auraient pu financer la construction d’écoles, d’hôpitaux modernes ou le renforcement des infrastructures routières sur l’ensemble du territoire », a déploré le président de la HABG, insistant sur le lien direct entre transparence et amélioration des conditions de vie des populations.
Une décennie de progression spectaculaire
Malgré l’ampleur du défi, le président de la HABG a tenu à saluer le chemin parcouru sous l’impulsion des réformes gouvernementales. Les efforts de la Côte d’Ivoire se traduisent par une trajectoire ascendante remarquable dans les classements internationaux :
Un bond dans le classement mondial : Le pays se hisse désormais au 76e rang mondial sur 180 pays évalués, contre une très lointaine 136e place occupée dix ans plus tôt.
Une note en constante hausse : Sur l'Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International, le score de la Côte d’Ivoire est passé de 27/100 en 2013 à 43/100.
Répression : La justice passe à la vitesse supérieure
L’ère de l’impunité recule face à l’intensification des procédures d’enquête. La HABG affiche un bilan opérationnel de plus en plus robuste avec des dossiers concrets transmis aux autorités judiciaires :
- 92 dossiers examinés en Conseil.
- 53 enquêtes formellement ouvertes.
- 25 procès-verbaux d’enquête finalisés et transmis au Pôle Pénal Économique et Financier (PPEF).
- 30 personnes interpellées et déférées devant la justice.
Les secteurs les plus touchés par les dénonciations des usagers restent des services de première ligne : la sécurité (Intérieur), la santé, la construction, l’éducation nationale et la défense.
Le triptyque de la Bonne Gouvernance
Pour consolider ces acquis, Épiphane Zoro Bi Ballo réaffirme que la stratégie de la HABG repose sur un triptyque indissociable : la prévention, la répression et la promotion de l’intégrité. L’institution mise notamment sur la digitalisation des services publics pour réduire les contacts physiques propices aux pots-de-vin, ainsi que sur l’éducation aux valeurs éthiques dès le plus jeune âge.