
Le cœur brisé et les yeux noyés de larmes, une habitante victime des récentes opérations de déguerpissement en Côte d’Ivoire a exprimé sa profonde détresse. En l’espace de quelques minutes, les machines ont réduit en poussière son logement ainsi que la quasi-totalité des économies de sa vie, qu’elle dissimulait chez elle.
C’est le témoignage déchirant d’une vie brisée par les bulldozers. Alors que les opérations de libération des emprises publiques se poursuivent, le sort de cette femme choque la toile. En plus de se retrouver sans toit, elle a vu la somme colossale de 1 450 000 FCFA partir sous les décombres.Sous le choc, la victime a partagé son calvaire dans une vidéo poignante :
J’économisais mon argent, il me reste 50 mille pour faire 1 million 500 mille, je le jure sur ma prière, je n’ai rien pu garder. C’est vrai que vous devez casser, mais quand-même, avertissez-nous pour que nous puissions ramasser nos affaires
Un manque d’avertissement pointé du doigtAu-delà de la perte matérielle et financière, c’est la brutalité et la soudaineté de l’expulsion qui provoquent la colère et l’incompréhension de la victime. Surprise en plein cycle menstruel et affaiblie, elle déplore l’absence totale de préavis qui lui aurait au moins permis de sauver son argent et ses effets personnels.

Même si on va dormir ailleurs dans la rue, on a compris, mais casser nos affaires c’est vraiment méchant, ils ont tous démoli, c’est cruel ! » s’est-elle écriée, impuissante face aux ruines de son ancienne habitation.
– À déclaré la même dame en pleure.
Le débat sur l’accompagnement des populations relancé:
Ce nouveau drame remet sur le tapis la douloureuse question de la gestion humanitaire des déguerpissements en Côte d’Ivoire. Si la nécessité d’assainir les villes et de détruire les quartiers précaires ou à risque est reconnue, le manque d’accompagnement et de relogement des populations les plus vulnérables continue de faire des vagues au sein de l’opinion publique.Pour de nombreuses familles, le réveil est brutal et la reconstruction s’annonce presque impossible sans aide extérieure.
La Rédaction d’Info Côte d’Ivoire